New Hampshire, 9 février 2016 : le Grand Soir de l’establishment

Consultant stratégique
 

Les femmes du New Hampshire iront toutes en enfer : elles ont majoritairement (et massivement chez les jeunes) voté pour Bernie Sanders et Donald Trump malgré les anathèmes lancés par Madeleine Albright. Les jeunes risquent la déchéance de nationalité : ils ont également voté pour Sanders et pour Trump. Les jeunes femmes et jeunes filles démocrates sont plus intéressées par les garçons que par le féminisme : « C’est pour ça que Sanders reçoit leur vote à 80 % » (la papesse du féminisme Gloria Steinem, avant de s’excuser). La population du New Hampshire ne représente pas la véritable Amérique : on va se rattraper en Caroline du Sud, dans le Nevada, puis dans tous les États du Sud et du Sud-Ouest qui sont sensiblement afro-américains et hispanophones… Ainsi conclut l’establishment.

Chez les démocrates, Hillary Clinton s’est fait écraser par le socialiste Bernie Sanders (60/38). Face aux huit candidats républicains encore en lice, Trump a remporté plus de 35 % des voix (avec 20 points d’avance sur le second, John Kasich) et semble avoir compris les leçons de son échec dans l’Iowa en mobilisant famille et amis sur le terrain. À noter le retour de Jeb Bush (qui repasse devant la mascotte de Fox News Marco Rubio).

Hillary Clinton revit l’enfer de sa campagne 2008 : tout était organisé comme aujourd’hui pour un couronnement, quand surgit Obama qui parlait du « nous » et non du « moi ». Huit ans après – clientélisme oblige -, Clinton n’a toujours pas de message clair. D’où cette perception persistante de fausseté, d’opportunisme et de malhonnêteté. Alors que Sanders parle également du « nous » et d’un objectif simple : une révolution politique qui va éliminer les oligarchies financières du processus politique.

Les sondages de sortie de vote sont clairs : plus de 60 % des électeurs démocrates veulent essentiellement un candidat qui se soucie d’eux et qui soit honnête.

Seule une minorité considère que l’expérience et l’« électabilité » (pardon pour ce barbarisme) sont indispensables. Mauvais présage…

Conclusions très proches chez les électeurs républicains : seulement 17 % d’entre eux considèrent cette « électabilité » comme indispensable, 50 % veulent non seulement du changement mais également quelqu’un capable de le mettre en œuvre, auxquels s’ajoutent les 20 % qui veulent qu’on dise les choses « telles qu’elles sont ». Plus grave : près de la moitié des républicains (46 %) se considèrent trahis par le Parti républicain. C’est un terreau pour le courant populiste incarné par Trump. Ce dernier n’est pas un idéologue. Selon ses dires, il part de la situation économique. Cela admis, il s’attaque aux causes (la délocalisation associée aux mauvais traités économiques, l’immigration illégale, la fiscalité, le coût des conflits internationaux et des partenariats de défense). Puis il arrive aux solutions : le mur, la révision du droit du sang, le blocage des migrants, la renégociation des traités, le renforcement de l’armée en débureaucratisant un budget déjà obèse, l’apaisement avec la Russie, les grands travaux keynésiens.

Pas étonnant que Trump et Sanders, outre les cols bleus, se disputent une minorité « invisible » : les indépendants. Ces indépendants qui feront l’élection générale…

Que vont faire les lobbies et les néo-cons ? Une crise internationale en perspective ? Bush et Clinton peuvent dormir sur leurs deux oreilles…

André Archimbaud
Consultant stratégique

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