Amis requins, remember the Poltava!

Journaliste, écrivain et essayiste.
 

J’apprends avec plus de mépris que d’inquiétude que l’armée nord-américaine, en fuite au Vietnam, en retrait élastique de l’Irak et de l’Afghanistan, a débarqué 150 hommes en Pologne, autant en Lituanie, tandis qu’elle introduisait un destroyer en mer Noire…

Au même moment, 13 espions de l’OSCE (Organization for Security and Co-operation in Europe – Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) étaient arrêtés dans la partie la plus orientale et la plus russe de l’Ukraine, tandis que les putschistes fascisants de Kiev y tuaient encore 5 compatriotes.

Il me revient alors que le chancelier Hitler prétendait avoir « étudié mieux que personne » les mésaventures de son prédécesseur Bonaparte en Russie. Il y alla tout de même, et ne manqua pas de s’y casser les dents, lui aussi. Auparavant, il avait trouvé quelques traîtres en Ukraine, notamment pour exécuter ses basses besognes contre les juifs, comme à Babi Yar (30.000 femmes et enfants massacrés).

Mais Napoléon lui-même aurait dû mieux étudier les précédents. « Qui néglige l’Histoire se condamne à la revivre », n’est-ce pas ? En 1709, Charles XII de Suède avait envahi… l’Ukraine, aidé par le félon ukrainien Mazeppa.

Pierre Ier le Grand les étrilla tous deux d’importance à Poltava. 3.000 prisonniers suédois eurent l’honneur d’aller contribuer à la construction de Saint-Pétersbourg…

Il me revient aussi que mon père, le regretté † Oleg Vladimirovitch Gofman, pouvait réciter par cœur les trois chants de « Poltava », immense poème de Pouchkine (1828). Nous n’oublions rien, ou peu de chose, nous autres Russes, ci-devant Russes, demi-Russes et sympathisants dans le monde entier. Alors, faisons-nous un devoir de rafraîchir la mémoire de nos amis américains, puisque 68 % des étudiants US ignorent jusqu’à l’époque de… leur guerre de Sécession, avoue l’International Herald Tribune le 14 mars 1979.

Chers amis ricains, « Captain America » ne vous sera d’aucun secours si vous allumez « World War 3 » pour les vilains yeux d’un quarteron d’usurpateurs nazillards en Ukraine. Car le problème n’est pas que l’Ukraine soit russe – même si elle l’est beaucoup –, c’est que la Russie – baptisée à Kiev – est ukrainienne ! Vous n’aimeriez pas que Poutine vous expliquât, avec gesticulations armées, ce que vous devez faire en Nouvelle-Angleterre, n’est-ce pas ? Alors, bas les pattes, et dégagez, vous et vos BHL, vos Hollande, chers amis requins.

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Puisque le régime putschiste de Kiev est si chatouilleux sur « ses » frontières, Pologne, Tchécoslovaquie et Roumanie pourraient, elles aussi, lui demander quelques rectifications !

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