Editoriaux - Histoire - 6 septembre 2018

Amiral François Flohic : disparition d’un des derniers intimes du général de Gaulle

Le vice-amiral François Flohic, qui s’est éteint à l’âge de 98 ans, le 5 septembre, fut, pour de Gaulle, l’égal d’un Duroc, d’un Junot, d’un Bertrand ou d’un Caulaincourt pour Napoléon, c’est-à-dire un aide de camp appliqué et sérieux. Il faut, en effet, avoir beaucoup de bon sens, d’abnégation et de dévouement pour servir un chef d’État, qui plus est quand ce dernier a été militaire.

Homme de l’ombre, l’aide de camp gère les affaires privées de la personne auprès de laquelle il est attaché : préparation de voyages officiels, sécurisation, liste des invités, etc. Il en est les yeux et les oreilles. Il est à ses côtés jour et nuit, dormant dans un appartement à proximité. En un mot, il doit libérer le chef de l’État de toutes les contingences matérielles. Rien ne doit être laissé au hasard. Discrétion, neutralité, loyauté sont les maîtres mots qui guident le quotidien d’un aide de camp. Aux côtés du général de Gaulle, l’amiral François Flohic ne manquait pas de ces qualités. En retour, ce dernier lui accordait toute sa confiance. C’est ce qui explique que François Flohic fut deux fois l’aide de camp du général : de 1959 à 1964, puis de 1965 à 1969. Entre ces deux missions, il prend, en qualité de capitaine de frégate, le commandement de l’escorteur La Bourdonnais puis, après 1969, celui de la Jeanne d’Arc.

La première rencontre entre les deux hommes s’est faite en 1943 quand de Gaulle, chef de la France libre, faisait la tournée des popotes maritimes, en particulier lors d’une inspection de corvettes à Greenock (Écosse). Auparavant, François Flohic s’était engagé dans les Forces navales libres en juillet 1940. Il est alors élève à l’école de navigation maritime de Paimpol. « Je n’ai pas entendu l’Appel car j’ai quitté Paimpol le 18 juin au soir pour Falmouth, et c’est en arrivant que j’ai appris par la presse qu’un général français avait appelé à la résistance. » Pendant la durée de la guerre, il participe à de très nombreuses missions comme l’escorte des convois de l’Atlantique jusqu’à Mourmansk et au débarquement en Normandie.

En première ligne pendant les événements de mai 1968, il accompagne le Président à Baden-Baden quand ce dernier prend ses conseils auprès du général Massu. Il est aussi auprès de De Gaulle en Irlande après le référendum d’avril 1969. En fait, le vice-amiral Flohic fut le dernier des aides de camp du général de Gaulle. Parmi ceux-ci, on se souvient du premier, Geoffroy Chodron de Courcel (1912-1992), oncle de Bernadette Chirac. Mais aussi de Maurice Ripoche (1895-1944). Aviateur pendant la Première Guerre mondiale, résistant et fondateur du mouvement Ceux de la Libération, il est arrêté par les Allemands en décembre 1942, puis transféré en Allemagne. Les nazis le décapitent en juillet 1944, à la prison de Derendorf. On se souvient aussi de l’aviateur Claude Guy (1915-1992), l’aide de camp qui accompagnait de Gaulle lors de la descente des Champs-Élysées, le 26 août 1944. Et puis du colonel Gaston de Bonneval, au service du Général durant sa traversée du désert et à l’Élysée jusqu’en 1964. Bonneval, fidèle parmi les fidèles, qui ne fut jamais général.

Avec François Flohic s’éteint l’un des derniers intimes du Général, exception faite, sans doute, de son fils, l’amiral Philippe de Gaulle, aujourd’hui âgé de 96 ans.

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