Les Américains sont les rois du cinéma. Surtout dans leur tête !

L’actualité nous montre, jour après jour, qu’à l’ouest, non seulement il n’y a rien de nouveau, mais que la grande manipulation est autant et même plus à craindre que le Grand Remplacement.

C’est devenu très clair : l’aigle américain, après avoir colonisé l’Europe, veut la peau du vieil ours russe.

Régis Debray l’a bien compris et on le voit de moins en moins sur les plateaux de télévision.

Avec les affaires de l’empoisonnement des Skripal et du bombardement de la Syrie par les « Occidentaux », on sent bien ce qui se trame : refaire le coup de Sarajevo. La manipulation devient un art.

Asselineau a raison : c’est un scénario digne du docteur Folamour. Et le soldat Macron est au garde-à-vous.

Les Américains sont les rois du cinéma. Pas seulement sur les écrans, mais surtout dans leur tête. Le pire, c’est qu’ils y croient dur comme fer et le rêve américain consiste à embarquer le reste de l’humanité dans leur vision fantasmagorique, messianique et économique du monde.

Grâce à un mélange mythologique reposant à la fois sur l’épopée du Far-West, le débarquement en Normandie, le plan Marshall et l’hégémonie du dollar, les États-Unis exercent sur le monde une sorte de fascination qui les autorise à se poser comme modèle de civilisation.

Nous sommes l’humanité, un film documentaire sur le peuple des Jarawas, sort ces jours-ci sur les écrans.

Dans l’archipel des îles Andaman, dans le golfe du Bengale, les Jarawas sont peut-être la dernière ethnie totalement vierge de la planète. Imaginez un peu : ils n’ont jamais bu de Coca-Cola, vu aucune série américaine, et comme c’est un peuple chasseur–cueilleur, ils ne cultivent pas et, donc, ne connaissent pas Monsanto.

Les Jarawas ne consomment ni antidépresseurs ni psychotropes. Pourtant, ils passent leur temps à chanter et à rigoler. Ils vivent dans une telle osmose avec la nature que l’observation des oiseaux leur a permis de survivre au tsunami de 2004 et leur pharmacologie naturelle les épargne de toutes maladies. Mais l’ONG Survival International multiplie les alertes : des agences de touristes indiennes, condamnées mollement par les autorités indiennes, organisent des « safaris humains ».

Plus au sud, leurs cousins de l’île North Sentinel sont restés hostiles à toute pénétration étrangère, gardant probablement le souvenir d’une expédition britannique qui, en 1880, avait enlevé deux vieillards et quatre enfants. Arrivés à Port Blair, la santé des deux vieillards s’est dégradée avant d’entraîner leur mort. Les quatre enfants ont alors été ramenés sur l’île avec des « cadeaux ».

Au printemps 1974, une équipe de tournage a voulu y réaliser un documentaire. Les Sentinelles les ont accueillis en les arrosant de flèches affûtées. Le bateau a accosté à l’abri de l’attaque et l’équipage a déposé des « cadeaux » sur le sable : une voiture miniature en plastique, des noix de coco, un cochon vivant et une poupée. Cette démarche n’a fait que réveiller l’hostilité de la tribu, qui se retira après avoir enterré le cochon et la poupée, en faisant des gestes obscènes.

Quel rapport, me direz-vous, entre les Jarawas, les Sentinelles et les peuples européens ?

Une différence d’échelle : de part et d’autre, c’est un ethnocide, un génocide culturel, une volonté de déculturer à peine consciente car animée des meilleures intentions du monde, comme chez les Sentinelles, de porter une parole de bien-être en faisant des « cadeaux ».

Par les seules forces du consumérisme matérialiste, le modèle dit « occidental » risque bien d’aplanir toutes les formes de culture et, à terme, de les faire disparaître.

Non, décidément, ce modèle n’est pas un cadeau.

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