Syrie : et si les armes chimiques provenaient des rebelles ?

Etudiante
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Ceux qui souhaitent aller guerroyer en Syrie et qui se font les gardiens de la justice auraient pu mettre plus de vigueur à relayer certaines informations.

Personne n’en aurait voulu à ces braves gens d’évoquer les propos récents de Carla Del Ponte, commissaire de l’ONU en charge de la Syrie. Celle-ci a récemment révélé que la commission d’experts n’avait trouvé « aucune preuve de l’usage d’armes chimiques par l’armée syrienne ». Bien qu’il ne s’agisse « pas encore de preuves irréfutables », des « suspicions fortes et
concrètes
» laisseraient penser que les armes chimiques ont été utilisées par les rebelles pour amorcer la chute du président syrien.

Haytham Manna, responsable à l’étranger du Comité de cordination nationale pour le changement démocratique [opposition non armée], en exil depuis trente-cinq ans, serait bien le dernier à lancer des fleurs à Bachar el-Assad. Il a pourtant déclaré au journal belge Le Vif que l’histoire des armes chimiques était un coup monté, s’appuyant sur l’argumentaire suivant :

– Les armes en question étaient… artisanales. Croire que l’armée loyaliste syrienne, déjà surmilitarisée, s’encombrerait de ces babioles de guerre quand elle dispose d’un matériel autrement plus perfectionné est aussi insensé que d’imaginer les GI débarquer en Irak armés de pistolets à eau.

– Les chiffres de François Hollande font état de milliers de morts tandis que la liste d’Haytham Manna contient moins de 500 noms.

– Des vidéos et des photos qui servent de preuves aux États-Unis ont été mises en ligne avant le début des attaques.

– Les Américains se sont retirés des négociations au moment où un rapprochement entre le régime et les opposants était sur les rails.

Il aurait été juste d’accorder plus de crédit à une information qui pourrait ne pas être insignifiante : la Russie a fourni aux Nations unies les images satellites des deux missiles s’étant abattus sur Al Ghouta. Ces armes chimiques qui ont fait des centaines de morts et qui justifieraient aujourd’hui une entrée en guerre auraient été lancées depuis la région de Douma, contrôlée par les rebelles syriens.

« Nous détenons plus de nouvelles preuves attestant que cet acte criminel était de nature provocatrice », a dit le ministre des Affaires étrangères russe. Il a évoqué « des rapports » qui ont « circulé sur Internet » et qui démontrent que « les matériaux de l’incident et l’objet des accusations contre les troupes gouvernementales avaient été publiés, pendant plusieurs heures, avant l’attaque en question », ajoutant qu’« il s’agissait bien d’une action planifiée à l’avance ».

Dès septembre 2012, Alain Chouet, relayé par Georges Malbrunot, nous en apprenait de belles sur le fameux « Observatoire syrien des droits de l’homme » qui est la source principale des médias occidentaux sur la situation syrienne : «  C’est en fait une émanation de l’Association des Frères musulmans et il est dirigé par des militants islamistes dont certains ont été autrefois condamnés pour activisme violent, en particulier son fondateur et premier président, monsieur Ryadh el-Maleh. L’OSDH s’est installé à la fin des années 80 à Londres sous la houlette bienveillante des services anglo-saxons et fonctionne en quasi-totalité sur fonds saoudiens et maintenant qataris. »

Il aurait été appréciable que nos journalistes, analystes et spécialistes fissent plus souvent cette précision. Il serait dommage que le lecteur ne puisse mesurer sa chance d’accéder à une information non partisane.

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