Alexandre Langlois : « Il y a un ras-le-bol général des policiers qui soutiennent les gilets jaunes à 70 % »

Le syndicat de police Vigi appelle à la grève à partir de samedi. Ce mouvement concerne les personnels administratifs et techniques car les personnels actifs n’ont pas le droit de grève… mais les uns sont indispensables aux autres dans leur travail.

Alexandre Langlois explique cette décision au micro de Boulevard Voltaire.


Le syndicat VIGI a lancé une grève pour samedi 8 décembre, jour de la manifestation. Est-ce un geste de solidarité envers les gilets jaunes ?

Les services actifs n’ont pas le droit de grève. L’appel à la grève concerne donc les personnels administratifs et techniques. Néanmoins, quand une compagnie n’a plus ses personnels de support technique, la compagnie est immobilisée.
D’autre part, nous sommes solidaires du mouvement des gilets jaunes depuis le début, parce que nous sommes concernés comme presque tous les Français par la baisse du pouvoir d’achat.
Le gouvernement étant sourd à toutes les revendications populaires, et aux difficultés à boucler nos fins de mois, nous n’avons trouvé que cette solution pour le faire bouger.


On imagine que cet appel à la grève sera surtout suivi par les membres de votre syndicat. Or, vous êtes un syndicat minoritaire.
Espérez-vous ratisser un peu plus large ?

Nous aurons la réponse demain soir, car nous sommes en pleines élections professionnelles. Nous espérons ne plus être minoritaires, mais représentatifs. Les policiers en général en ont ras le bol et 70 % d’entre eux soutiennent le mouvement. Nous espérons que la réalité se connectera avec les déclarations de nos collègues.


Qui dit grève des policiers, dit forcément mobilisation supplémentaire de gendarmes mobiles.
Rappelons que les gendarmes mobiles n’ont pas le droit de faire grève.
Y aurait-il un moyen pour eux de ne pas travailler s’ils étaient solidaires ?

Les gendarmes mobiles ont comme nous des adjoints techniques de la gendarmerie nationale.
Leurs compagnies fonctionneraient également très difficilement sans eux.
Les gendarmes mobiles, comme les CRS, ont été mobilisés ces dernières semaines de façon inadmissible et complètement illégale avec des heures de travail impossibles à tenir.
On pourrait tout à fait comprendre qu’eux aussi aient besoin de se reposer et se sentent mal samedi prochain. Et la question ne serait pas de savoir pourquoi ils sont tous malades samedi, mais plutôt, comment ils ont déjà tenu jusqu’à samedi.


L’argument ‘’les policiers fatigués et au bout du rouleau’’ est employé régulièrement par les syndicats depuis plusieurs années.
L’épuisement des forces de l’ordre aujourd’hui est-il vraiment réel ou est-ce une arme de pression utilisée contre le gouvernement ?

C’est vraiment réel. Ce n’est plus un moyen de pression. Certains policiers font des vacations à répétition de 20 heures 30 sans manger et d’autres travaillent 20 jours sans congés. N’importe qui serait fatigué dans ces conditions.
De plus, les conditions de maintien de l’ordre sont très difficiles et très mal gérées par notre hiérarchie, au plus haut niveau. Nos collègues sont épuisés. C’est la raison pour laquelle certains ont parfois des actes répréhensibles. Finalement, ils seront sanctionnés pour des actions à cause de leur hiérarchie qui les oblige à travailler n’importe comment.
Ce n’est plus un moyen de pression. Pour la sûreté à la fois des policiers et de la population que nous sommes censés protéger, il est important que nous puissions nous reposer.

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