Editoriaux - Industrie - Médias - Presse - Radio - Sport - Table - 15 mai 2017

Alexandre Bompard : un cost-killer multimillionnaire à la tête de Carrefour ?

L’avenir appartient à la jeunesse. Le présent aussi, semble-t-il, le succès à la présidentielle d’Emmanuel Macron galvanisant les jeunes loups qui lui ont apporté son soutien. Fier représentant de la génération montante, Alexandre Bompard, 44 ans, est de ceux-là. L’actuel patron de la FNAC se réserverait un bonus hors norme, avant de quitter son poste toutes affaires cessantes pour prendre la direction de Carrefour. Un peu cavalier, alors que la fusion de la FNAC et de Darty n’est pas finalisée. Un peu inquiétant pour les salariés de Carrefour, surtout quand on connaît la « méthode » de gouvernance Bompard.
 
Alexandre Bompard est une figure bien connue dans le monde des médias et des affaires. Conseiller auprès de François Fillon en 2003, cet énarque voit sa carrière décoller lorsqu’il rejoint Canal+, où il occupera bientôt la très stratégique direction des Sports en remplacement de Michel Denisot. En 2008, il fait son entrée chez Europe 1 alors que la station de radio traverse une période difficile. Nouveaux programmes, animateurs stars, sa stratégie permet à la station de redresser ses audiences et ses revenus publicitaires.
 
Fort de ce succès, il est parachuté en 2010 à la tête de la FNAC, alors en grande difficulté. Le nouveau PDG ne fait pas dans la demi-mesure : en 2012, un plan d’économies de 80 millions d’euros est lancé, entraînant la suppression de plusieurs centaines d’emplois (plus d’un millier en province, selon FO). Le rapprochement avec Darty devrait, lui aussi, entraîner son lot de suppressions de postes « doublons ». Doublons, ces postes ne le sont pourtant que dans la logique comptable, déshumanisée, du cost-killer Bompard. Dans les faits, les employés se plaignent déjà d’être tellement peu nombreux qu’ils ont du mal à partir en vacances ou même à prendre leurs pauses-repas.
 
Qu’à cela ne tienne : depuis son introduction en Bourse en 2013, le titre FNAC ne cesse de grimper. La rémunération de Bompard aussi. Il a gagné 11,5 millions d’euros en 2015. Il s’apprête, si les actionnaires valident cette somme lors de l’assemblée générale prévue le 24 mai, à toucher 13,9 millions au titre de l’année 2016 grâce à un super bonus de plus de 12 millions d’euros. Soit une augmentation de 21 %. Dans le même temps, les salariés de la FNAC, eux, peuvent se féliciter de percevoir 11 euros bruts de salaire moyen en plus pour l’année 2017…
 
Mais la rémunération mirobolante de Bompard, qui devrait être votée sans état d’âme par les actionnaires (92 % d’entre eux l’ont approuvée pour 2015), n’est même pas le nœud du problème. Le vrai hic, c’est que l’homme est pressenti à la direction de Carrefour en lieu et place de Georges Plassat, dont le mandat s’achève dans un an, alors que la fusion de la FNAC avec Darty est en cours, que tout reste à faire. Autrement dit, Bompard s’apprêterait à quitter la FNAC avec la caisse et en laissant un chantier monstre derrière lui, pour aller appliquer ses méthodes de réducteur de têtes ailleurs. Les employés de Carrefour peuvent trembler, ceux de la FNAC fulminer.

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