Editoriaux - International - Santé - 15 mai 2016

Comment Trump s’aligne finalement sur le système

L’âme romantique, germanique qui m’habite depuis toujours face aux grands événements est en train d’en prendre un coup, à l’observation du fait que le Donald est en train de glisser vers le système qu’il dénonce pour amorcer l’après primaire et affronter « Killary ».

Newt Gingrich, le prédécesseur de Paul Ryan à la Chambre des Représentants, qui joue sa « star » en se faisant prier de soutenir Trump à l’unisson du parti autour de lui, New Gingrich soutient Trump et déclare que la décision du méga donateur Républicain Sheldon Adelson de soutenir Trump aura des implications sur les capacités du candidat à récolter des fonds. « C’est un signal très important ! » déclare Gingrich qui poursuit : « Tout le monde sait que Sheldon est un homme très sérieux et de voir Sheldon rentrer dans le jeu de manière aussi forte, comme il vient de le faire, va encourager tous les Républicains importants à se mobiliser derrière Trump. »

Gingrich sait mieux que personne, la valeur que signifie le soutien d’Adelson. Alors que l’ancien président de la Chambre des Représentants concourrait en 2012 à la Maison Blanche, Adelson a dépensé tellement d’argent en aidant Gingrich à former un super-Pac pour s’opposer à Mitt Romney durant les primaires, que certains supporters de Romney en sont toujours très irrités. Adelson et son épouse Miriam ont dépensé 20 millions $ dans la campagne de Gingrich, ce qui a prolongé la durée de vie de sa campagne, qui aurait été plus courte sans leur soutien. A la fin du cycle présidentiel de 2012, le couple Adelson aura dépensé 100 millions. Dans le Washington Post de vendredi dernier, Adelson a expliqué les raisons pour lesquelles il soutient Trump et encourage ses amis donateurs à se joindre à lui.

Le soutien Adelson arrive à point. Trump est en train de changer sa stratégie de récolte de fonds, passant de l’autofinancement au financement traditionnel. Au cours des primaires, le tycoon refusait l’argent des donateurs, moquant ses opposants « d’être totalement achetés » par les intérêts particuliers des donateurs. Et, c’est là que l’on reconnait le génie en affaires de Trump, non seulement il est en train de mettre en place un système traditionnel de récolte de fonds, mais cette récolte pourrait bien rembourser sa mise initiale des primaire de 40 millions $. Trump et ses alliés ont déjà commencé à solliciter des donateurs de l’extérieur pour le ticket de l’élection générale qui devrait se monter à 1 milliard $. Au moins deux super-Pac pro Trump ont été inaugurés cette semaine. Trump qui est en train de mettre sur pied un comité de récolte de fonds avec le comité national des Républicains, a recruté un banquier de Wall Street, Steve Mnuchin à la fonction de président national des finances, aux côtés du célèbre récolteur de fonds des GOP, Antony Scaramucci.

La campagne Trump est également en train d’inaugurer une filiale de récolte de fond à Los Angeles. Un ami du milliardaire à la grande gueule, Thomas Barrack Jr. organise dans sa maison une réunion pour réunir des fonds, le 25 mai prochain, croit savoir le Washington Post.

Ma déception de voir le Donald se glisser dans le système qu’il vient de critiquer avec ardeur depuis des mois est grande. Il sera pardonné, s’il tient ses promesses, sinon le peuple américain risque de très mal le prendre. Une chose est certaine, le voir ainsi à la manoeuvre, se faire rembourser son investissement des primaires, n’est qu’un bon signe pour la future bonne santé de l’économie américaine !

Tant qu’il garde sa personnalité, qu’il ait commit cette impureté à sacrifier au système est le moindre mal.

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