3 mars 2016

Aider les chrétiens d’Orient, c’est œuvrer pour la démocratie et l’humanité

Dimanche prochain, 6 mars, aura lieu le semi-marathon de Paris. Un jeune chef d’entreprise dynamique, Enguerrand Boissonnet, après trois semaines en Irak en aide aux chrétiens de ce pays, a lancé l’idée d’une action en leur faveur : 1.000 coureurs pour les chrétiens d’Orient.

Il s’agit d’abord d’attirer l’attention sur une tragédie que la mauvaise conscience des pays occidentaux s’acharne à minimiser.
Mais il s’agit surtout de mobiliser les soutiens pour défendre une minorité religieuse que le politiquement correct a tendance à oublier au nom d’une conception asymétrique de la laïcité et de la crainte d’une attitude de préférence identitaire.

De nombreuses personnes, notamment du monde de l’entreprise, ont répondu à cet appel humanitaire. Il y a, au Proche et Moyen-Orient, plus de 10 millions de chrétiens. Cette minorité vit dans cette région du monde depuis près de 20 siècles. Elle a été majoritaire en Égypte, en Syrie, en Turquie, dans les provinces dépendant de l’Empire romain puis Byzantin jusqu’à la conquête arabo-musulmane. Elle a constitué une minorité importante à la même époque dans la Mésopotamie soumise aux Perses et devenue l’Irak. Elle demeurait nombreuse jusqu’au début du 20e siècle malgré le régime imposé de dhimmitude.

La réduction de cette population, en pourcentage, est due en partie à la démographie galopante des musulmans, mais elle a aussi pour cause les persécutions qui, loin de s’éteindre, se sont accentuées au siècle dernier, et l’émigration de réfugiés authentiques qui en a résulté. C’est à la fin de l’Empire ottoman que la tendance génocidaire s’est affirmée avec le massacre des Arméniens et des Assyro-Chaldéens. Ceux-ci ont à nouveau été victimes de sévices de la part du gouvernement irakien en 1933. Ils se sont réfugiés en Syrie sous protection du mandat français, et c’est là qu’aujourd’hui ils subissent le fanatisme destructeur de l’État islamique. Les tueries, les destructions d’églises ou de couvents se sont multipliées : cet acharnement contre des victimes et leurs symboles est révélateur de cette menace que l’Occident fait semblant de combattre. Il souligne combien la réciprocité et l’équilibre des comportements entre chrétiens et musulmans sont des vues bien hasardeuses.

Elles ne servent qu’à cacher la trahison de nos responsables politiques et leur complicité objective avec l’ennemi déclaré. Il est vrai que ses généreux financiers, les monarchies absolues et pétrolières, sont aussi nos fournisseurs d’énergie et nos acheteurs d’armes.

Les chrétiens d’Orient partagent la foi chrétienne encore majoritaire en Europe. Ils étaient chrétiens bien avant que les Européens le soient. Le goût des disputes théologiques parfois violentes a divisé les chrétiens en 11 Églises, dont 6 sont catholiques. Cet éclatement a sans doute favorisé la submersion musulmane. Mais il a aussi montré un goût pour la diversité, pour le débat et pour l’autonomie dont la présence est un ferment de démocratie dans une région du monde qui en a le plus grand besoin. Ce n’est pas un hasard si le pays arabe le plus démocratique est aussi le plus chrétien : il s’agit du Liban.

Aider les chrétiens d’Orient ce n’est pas tendre la main à des coreligionnaires, c’est œuvrer pour la démocratie et pour l’humanité.

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