Agression sexuelle dans le train : quand une jeune femme ne s’en laisse pas compter…

Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique

 

Les agents de médiation et le conducteur du train prennent parti contre une jeune femme victime d’attouchements.

Il arrive au Parisien de rapporter des faits révélateurs. C’est ce qui s’est produit le 12 mai dernier avec un article narrant les tribulations d’une adolescente dans un train.

11 mai, il est près de 20 h 30 quand une jeune femme blonde monte dans le train de la ligne J, aux Mureaux. Pendant le trajet, un jeune garçon lui touche les fesses. Pensant que ce geste est involontaire, elle ne réagit pas. Mais à l’arrivée en gare de Mantes-la-Jolie, l’adolescent recommence son geste, de manière plus appuyée cette fois, ce qui ne laisse plus de doute sur la nature de ses intentions. Cette jeune femme de 21 ans aurait pu, comme beaucoup, ravaler ses griefs et garder le silence. Mais l’humiliation et la colère sont plus fortes : avec courage, elle empêche son agresseur de descendre du train et prévient la police. Les agents de médiation des transports interviennent, l’adolescent face à eux s’excuse. Pour les agents, ces regrets suffisent, ils font comprendre à la voyageuse que l’incident est clos et lui demandent de laisser partir son agresseur.

Mais campant sur ses positions, arguant de son bon droit, la passagère n’entend pas laisser les choses en l’état. Elle tire le signal d’alarme pour empêcher le train de repartir. Le conducteur, devant ce geste, intervient à son tour et, au lieu de demander à l’équipe de la SNCF de s’emparer du fautif et de descendre avec lui, il s’en prend à elle, d’après les dires de cette dernière. Puis un autre passager, pressé de voir la rame repartir, pousse la jeune femme hors du train.

Je vous laisse imaginer la frustration de celle-ci. Pourtant, malgré ce camouflet, elle n’abdique pas. Voici ce que nous rapporte Le Parisien : « C’est en pleurs que la jeune femme s’est rendue au commissariat de Mantes-la-Jolie, pour raconter son histoire, survenue dans le train entre Les Mureaux et Mantes-la-Jolie, jeudi soir. Agressée sexuellement par un jeune passager, elle affirme avoir été insultée ensuite par le conducteur et poussée hors du train par un voyageur pressé. »

Suite à ses dires, les policiers arrivent sur place et interpellent l’ado aux mains baladeuses, ceci non sans difficulté, les agents de médiation tentant de s’interposer entre le suspect et les policiers, le conducteur refermant même les portes du train avant qu’ils ne l’appréhendent.

L’adolescent, âgé de 15 ans, a été finalement placé en garde à vue à l’hôtel de police de Mantes-la-Jolie, où s’est rendue également sa victime, visiblement très perturbée par les divers comportements de ceux qui auraient dû la protéger et ont fermé les yeux pour mieux s’en prendre à elle.

Le quotidien a essayé d’en savoir plus et a contacté, vendredi, la SNCF. Un porte-parole de l’entreprise confirme bien l’incident en gare de Mantes-la-Jolie et précise qu’« une enquête interne est en cours », concluant simplement par ces mots : « Il s’est effectivement passé quelque chose, mais nous en avons différentes versions. »

Il est important de redire qu’une agression sexuelle (frottements, attouchements…), dans les transports et ailleurs, constitue un délit et est punie, par la loi, de 15.000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement. Mais ceci n’a pas eu l’air d’ébranler plus que cela ces agents de la SNCF.

Heureusement, dans ce pays, il reste des femmes courageuses qui, face à une majorité avalisant la politique de l’autruche, ne s’en laissent pas compter.

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Diplômé de criminologie et de criminalistique

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