Agonie cruelle de notre politique nataliste

Étudiant
 

Suite à la réforme de l’impôt sur la fortune qui prévoit que « les yachts, les jets privés, les chevaux de course, les voitures de luxe ou encore les lingots d’or ne sont plus pris en compte », quelques députés de la majorité, dont Olivier Véran, proposent – sûrement pour faire passer la pilule – de supprimer les allocations familiales des plus riches. Une bonne idée ? Pas sûr.

Tout d’abord, la suppression des allocations familiales ne va pas impacter ceux qui possèdent les objets de la liste ci-dessus, mais bien les classes moyennes, et principalement les familles nombreuses qui, elles, ont rarement des chevaux de course ou des yachts…

Il y a un autre aspect plus général à observer. Notre taux de fécondité baisse et est passé en dessous de la barre si importante des 2,1 %. Notre population ne se renouvelle donc plus. Cette baisse s’explique non seulement par le nombre d’avortements (à peu près 200.000 par an), mais aussi par de basses manœuvres politiques. Pour bien comprendre cela, nous sommes obligés de faire un retour historique rapide.

Lors de la Révolution, puis avec l’avènement de l’âge industriel, notre société a muté de force. Nous sommes passés d’un modèle familial – transmission de patrimoine des parents aux enfants, à charge pour ces derniers de le faire fructifier pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs parents – à un modèle personnel consumériste et profondément matérialiste – j’existe par ce que je possède, moins j’ai d’enfants, moins je divise mon capital. Notre nouvelle société a vite compris les problèmes posés pour ses vieux (il paraît qu’il faut dire « personnes âgées », maintenant) dont plus personne ne s’occupait ou ne pouvait s’occuper. Il a bien fallu essayer de remplacer artificiellement ce que l’on avait détruit, cet artifice, c’est notre régime des retraites : les jeunes cotisent (de force) pour payer les retraites de leurs aînés. Pour que cela puisse se faire, il faut un renouvellement de population. L’État a donc entamé une politique nataliste pour que ce renouvellement ait lieu et, tout simplement, pour qu’il y ait plus de monde à payer des impôts.

Le nouvel homme, matérialiste, est toujours insatisfait et donc malheureux. Est apparue en conséquence une idéologie de dégoût de la vie et son corollaire de souffrance. C’est là que la politique nataliste s’achève. À quoi bon payer des retraites pour vivre plus vieux si la vie n’est que souffrance ? À quoi bon favoriser la naissance ?

La famille est donc attaquée de toute part. Il faut moins d’enfants pour moins d’êtres qui souffrent. Alors, on commence par enlever les allocations familiales aux plus aisés – sans grandes conséquences, ce ne sont pas eux qui ont le plus d’enfants. Puis, par souci d’égalité et de solidarité, on pourra augmenter le nombre de foyers qui n’auront plus droit à cette aide. À terme, il n’y aura plus qu’à la supprimer définitivement.

Pour le manque de main-d’œuvre, il suffira d’aller se servir dans les pays pauvres : ils en regorgent et, petit bonus, elle est à moindre coût.

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