Editoriaux - Education - Politique - 11 juillet 2014

Affaire SNCM : le baobab qui cache la forêt

La saga SNCM semble toucher à sa fin. Les masques tombent et tout ce que des observateurs attentifs pouvaient soupçonner se confirme, en pire.

La SNCM est un cocktail détonnant d’incompétences, d’escroqueries, de trahisons et de faiblesses. Avec, à la fin, toujours le même dindon de la farce qui est le contribuable.

La liste des griefs est longue et les journaux fourmillent des anecdotes grotesques si elles n’étaient tragiques, rapportées par le rapport Derrien ou les minutes de la JIRS de Marseille.

La SNCM nous offre sans doute une situation que le climat marseillais et corse amène à son paroxysme. La question qui fâche n’est plus de savoir si la SNCM doit déposer le bilan et quand, mais plutôt de savoir combien de SNCM notre pays en décadence compte-t-il ?

Que se passe-t-il à la SNCF, où les cheminots font la loi, assis sur leurs privilèges extravagants, sans jamais souffrir de remise en question, même quand l’audit de Brétigny montre noir sur blanc les négligences régulières et coupables d’hommes qui ne font pas leur travail ?

Que se passe-t-il chez ERDF ou GRDF, où des militants politiques refusent les coupures d’électricité légalement décidées contre ceux qui ne paient pas les factures que tout le monde paie ?

Que se passe-t-il dans les comités d’entreprise d’EDF ou d’Air France, où les escroqueries sont légion, de la RATP, où les scandales de harcèlement sexuel sont étouffés ?

Que se passe-t-il à La Poste, où l’absentéisme dépasse, dans certaines régions, 23 jours par an en moyenne, accroissant ainsi la charge de travail de ceux qui respectent leur contrat de travail, et poussant les syndicats à demander encore et toujours plus de « moyens » ?

Que se passe-t-il dans les collectivités locales, de Montpellier à Marseille, où le temps de travail n’a jamais été aussi bas et où des pratiques comme celle du « fini-parti » appauvrissent les contribuables ?

Que se passe-t-il dans l’Education nationale, où des milliers de professeurs détachés pour des activités militantes, associatives ou syndicales, ne voient jamais un élève mais continue de grever le budget de l’administration la plus pléthorique de l’OCDE ?

L’Etat de droit a volé en éclat. L’impunité est, pour ces clientèles électorales dont nul pouvoir politique n’a jamais cherché à réduire le pouvoir de nuisance, la norme. Tel est cet autre visage de la triste exception française qui fait horreur aux investisseurs du monde entier… et aux entrepreneurs français qui se découragent ou s’enfuient.

Nul n’est besoin d’être prophète pour imaginer que les scandaleuses lâchetés d’aujourd’hui préfigurent les sanglants affrontements de demain, quand les cochons de payants ne voudront ou ne pourrons plus payer.

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