Editoriaux - Polémiques - 16 septembre 2018

Affaire Méric : les antifas ne sont pas de petits saints

Le verdict est tombé vendredi soir, après neuf heures de délibéré, ce qui semble prouver qu’il n’était pas évident et que, dans cette affaire, subsistent des zones d’ombre. Deux des inculpés ont été condamnés respectivement à 11 et 7 ans de prison pour leur implication dans la mort de Clément Méric. Pendant que le jury délibérait, environ 500 manifestants défilaient dans la rue, répétant des slogans comme « Clément ! Clément ! On oublie pas, on pardonne pas » ou « Siamo tutti antifascisti » (« Nous sommes tous antifascistes », en italien).

La mère de la victime a déclaré, à l’issue du procès : « L’incarcération n’est jamais une victoire », ce qui n’est pas faux. Elle a cru bon d’ajouter : « Ce qui importe aujourd’hui, c’est de continuer à lutter contre tout ce qui fait le terreau de l’extrême droite, c’est-à-dire les inégalités, le déficit d’éducation, le manque de solidarité », ce qui ne va pas de soi et tient de la profession de foi politique.

Agresseurs et agressés, quels qu’ils soient, partageaient le goût des ventes privées de vêtements, notamment la marque Fred Perry, et de la violence. Car les « antifascistes » sont loin d’être des boy-scouts ou de petits saints. L’antifascisme, inventé par Staline pour détourner l’attention des crimes du communisme, prospère, en France, dans les milieux d’extrême gauche et anarchistes. Ses adeptes pratiquent une forme de terrorisme politique et intellectuel. Ils ne s’attaquent pas seulement aux vrais néonazis, rares en l’occurrence, mais à tous ceux qui ne partagent pas leur « idéal » (si l’on peut dire) révolutionnaire.

Le 1er mai, aux côtés des Black Blocs et des anars, vêtus de noir, de masques ou de cagoules, les antifas faisaient partie du fameux « cortège de tête » qui perturba violemment la manifestation. Mortiers d’artifice, cocktails Molotov et divers projectiles contre les forces de l’ordre, vitrines saccagées, voitures incendiées : ils avaient promis une « journée d’enfer », ils tinrent parole. « Du jamais-vu », d’après une source policière.

Dans ces conditions, il est difficile d’affirmer, comme l’a fait le père de Clément Méric, que, dans cette affaire, « il y a des agresseurs et des agressés [qui] n’ont pas été renvoyés dos à dos, contrairement à ce qui a été trop souvent dit ces dernières années ». Le groupe auquel appartenait la malheureuse victime n’était pas spécialement pacifiste. Aurait-on connu cette vague de protestations si la victime avait été l’un des « agresseurs » ?

Faut-il s’étonner qu’ils trouvent des soutiens à l’extrême gauche, dont les dirigeants sont volontiers conviés sur les plateaux de télévision, comme s’ils étaient des défenseurs patentés de la liberté ? Les antifas bénéficient d’un préjugé favorable et de la complicité, active ou passive, d’une partie de la gauche, voire du gouvernement, qui se sont bien gardés de rappeler leur violence coutumière. Espèrent-ils que, par un amalgame qu’ils encouragent ou pratiquent eux-mêmes, cette affaire aura des retombées négatives sur la popularité du Rassemblement national, qui pourrait triompher aux élections européennes ?

Ce sont eux, finalement, les plus coupables, qui exploitent, à des fins politiciennes, une rixe qui a tourné à la tragédie.

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