4 juillet 2018

Affaire du lycée militaire de Saint-Cyr : tir de riposte de l’armée de terre sur Libération

Le 14 juin dernier Libération titrait « Au lycée de Saint-Cyr, le colonel part, les “tradis” restent ». Un article à charge sur le lycée militaire de Saint-Cyr, cet établissement placé sous la tutelle du ministère des Armées, situé à quelques kilomètres de Versailles, dans les bâtiments qui hébergèrent, de 1808 à 1940, la célèbre école militaire du même nom. Un article qui faisait suite à l’« enquête » menée par le journal de Laurent Joffrin dans lequel le lycée était désigné comme « une machine à broyer les femmes ». Le 26 mars, dans ces colonnes, Gabrielle Cluzel avait souligné le fait que Libération s’était bien gardé de brosser un tableau complet de cette belle institution qu’est le lycée militaire de Saint-Cyr à qui, du reste, l’auteur de ce papier doit d’avoir appris à aligner quelques mots sur le papier sans dire trop de bêtises et surtout en essayant d’être le plus honnête possible. Mais le collège (on disait comme ça, il y a quarante ans) militaire de Saint-Cyr n’était pas une école de journalisme !

Mais à quoi donc fait allusion ce titre du 14 juin dans Libé qui, décidément, semble se passionner pour la chose militaire ? À l’inauguration, par le colonel sur le départ, d’une stèle sur laquelle sont inscrits les mots suivants : « Chic à Cyr, chic aux anciens, chic aux tradis. » En langage potache des classes prépa, « chic à » veut dire, en gros, « Vive ». « Difficile, pour certains élèves et professeurs, de ne pas voir dans cette stèle une provocation plus que malvenue », explique Libération, qui a le chic, si j’ose dire, de dégoter sous le sceau du secret, évidemment, « certains élèves et professeurs » choqués. Combien, d’ailleurs ? Ce « chic à Cyr » n’est pas d’hier. Dans les années 70, il était déjà inscrit en lettres blanches dans l’une des cours de Saint-Cyr et avait très probablement été importé du prytanée militaire de La Flèche, à la création du collège par le général de Gaulle à la fin des années 60. Rien de méchant, donc, de « connoté », comme on dit de nos jours. Mais pour Libé, ce « chic aux tradis » est une façon de rendre hommage au « mouvement des tradis, ces garçons des classes prépa qui font vivre un enfer aux élèves filles ». Rien que ça. Toujours dans cet article est dénoncée la possible désignation d’un nouveau colonel, dont le nom est cité et qui aurait la réputation d’être « tradi ». « Une source interne », comme l’écrit Libé, estime que mettre ce colonel à la tête du lycée serait tout simplement « désastreux ».

Alors – une première, peut-être – le général d’armée Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de terre, a riposté en écrivant au directeur de la publication de Libération qui n’est autre que Laurent Joffrin. Dans cette lettre, datée du 21 juin et aux termes mesurés, il se dit « préoccupé par un mélange troublant d’accusations infondées, d’insinuations calomnieuses et de fausses controverses » dans le traitement de cette affaire. Il ne demande pas grand-chose à Libération, « aucun traitement de faveur », dit-il, « simplement d’appliquer dans cette affaire la rigueur que vous prônez par ailleurs : la recherche de la vérité factuelle plutôt que celle du sensationnel, le rejet des approximations ou des omissions volontaires, le refus de livrer en pâture au public des noms d’hommes et de femmes sans fondements précis ». Le chef d’état-major de l’armée de terre demande peut-être beaucoup à Libération. L’impossible, peut-être…

Il est vrai que le général Bosser a été formé à de bonnes écoles : le collège militaire de Saint-Cyr, l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, les parachutistes. Des écoles d’exigence.

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