Editoriaux - Justice - Politique - 21 juillet 2018

Affaire Benalla : zones d’ombre sur l’Élysée !

Si tous les médias expliquent, avec l’affaire Benalla, que le pouvoir a choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, aucun ne donne une raison et ne se pose la question : pourquoi ? Aussi, essayons d’en savoir plus sur lui et ses liens avec le Président.

Sur sa famille et son enfance, nous ne savons pratiquement rien. Des bruits circulent établissant une origine marocaine, une adolescence à Évreux et sa fréquentation de la salle de boxe du champion Jean-Marc Mormeck.

En revanche, nous connaissons son goût pour la police, au sens général du terme. Il est admis dans l’Eure en 2010 comme simple gendarme de réserve. Il sera, notamment, sous l’autorité de Sébastien Lecornu, son chef de peloton lui aussi réserviste et futur secrétaire d’État de l’actuel gouvernement. Une précision : un réserviste opérationnel n’est militaire que lorsqu’il est officiellement convoqué. Il a, alors, les mêmes obligations et les mêmes droits qu’un militaire d’active. Mais la gendarmerie nationale a précisé que, le 1er mai, il n’était pas « activé », ce qui fait du mis en cause un civil. Or, ce civil, brigadier de réserve, alors que notre secrétaire d’État est encore aujourd’hui lieutenant de réserve, s’est vu, lui, bombardé lieutenant-colonel. Pourquoi ? La réponse du « château » est la suivante : travaillant à l’Élysée avec des officiers de police, des commissaires, et des officiers de l’armée, ce chef de cabinet adjoint pouvait difficilement rester brigadier de réserve. Mettons.

Cela pose néanmoins d’autres questions.

Pourquoi Macron a gardé près de lui ce simple garde du corps qui l’avait rejoint pour la campagne moins de deux ans auparavant alors qu’il a droit aux 77 gendarmes et policiers du GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République) qui, eux, sont autrement qualifiés ? Avouez qu’il faut des liens profonds pour en arriver à une telle proximité. Des liens d’autant plus forts que même en le sachant coupable de violences en réunion, usurpation de fonction et port illégal d’insignes, l’Élysée tait l’infraction jusqu’à ce que les vidéos paraissent.

Pourquoi non seulement la Justice n’est pas informée mais, malgré la soi-disant mise à pied de quinze jours, Benalla n’en continue pas moins à assurer la protection du couple présidentiel ?
Pourquoi, au moment où le gouvernement rogne sur le budget de la police, cet individu bénéficie-t-il d’une voiture de fonction avec chauffeur et appareillages lumineux réservés à la police ?
Pourquoi habite-t-il un appartement quai Branly sous les lambris de la République depuis le 9 juillet, soit plus de deux mois après les événements du 1er mai ?

Et pourquoi ce « chargé de sécurité » particulier émargeait-il à 10.000 euros par mois, un salaire princier, plus en tout cas qu’un secrétaire d’État, comme Sébastien Lecornu, par exemple ?

Trois réponses possibles apparaissent avec ce que nous pouvons connaître, nous pauvres mortels, de Jupiter.

Une peur maladive d’être trahi, d’où le besoin de se constituer un clan acquis à sa personne. Après tout, il a vu de près les trahisons subies par ce pauvre M. Hollande…

La constitution d’une police parallèle à sa dévotion dont Benalla et Vincent Crase seraient les éléments moteurs.

Et pourquoi pas la connaissance, par le garde du corps, de secrets concernant Jupiter, obligeant ce dernier à favoriser son affidé pour le rendre muet. L’Histoire fourmille d’exemples.

Espérons que la suite de cette enquête passionnante ne s’enlisera pas et nous permettra d’en savoir plus sur ce mystère.

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