Les Républicains

Adopte un LR, un Solère : Lagarde dit oui !

 

Ces jours-ci, la direction des Républicains a donc envoyé ses « lettres d’exclusion » à ses élus qui ont refusé de siéger dans le groupe parlementaire LR, piétinant les engagements du parti qui leur a permis de se faire élire. Ils sont entrés au gouvernement ou ont rejoint le nouveau groupe « Les Constructifs », lancé avec l’UDI.

C’est Thierry Solère qui a révélé avoir reçu sa « convocation » au conseil de discipline, « comme Édouard Philippe, Gérald Darmanin, Franck Riester et Sébastien Lecornu », ses petits copains macronisés.

Il ne sait pas encore s’il s’y rendra. Et se défend :

« Mais on me reproche quoi ? D’avoir fait un groupe parlementaire distinct des Républicains? Eh bien, si c’est cela, je dis à messieurs Accoyer, Wauquiez et Ciotti qu’ils étaient membres du groupe R-UMP, qui avait scindé un temps le groupe UMP à l’Assemblée nationale lors de la précédente législature. Ils n’ont pas été exclus pour autant à l’époque. »

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Pour les non-initiés des différentes luttes corses entre UMP canal historique et R-UMP, cela remonte à 2013 et à la guerre Copé-Fillon. Quelle histoire, ces LR…

Donc, M. Solère se tâte et envisagerait même, Dame Pécresse ayant renoncé à briguer la présidence du parti après Xavier Bertrand, de se présenter pour y instaurer une ligne macro-compatible :

« La question de la ligne […] doit être tranchée par les militants et non par le bureau politique. Il y a aujourd’hui deux lignes : une identitaire qui frise souvent le populisme et, en face, une ligne européenne, constructive à l’endroit de ce gouvernement, qui cherchera en permanence l’intérêt général. »

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M. Solère irait affronter Laurent Wauquiez, qui souhaite incarner la ligne identitaire ? Il en serait capable. Il perdrait. Et, comme il l’a fait à la primaire, comme il l’a fait après ces législatives, il partirait. C’est sa conception de la loyauté.

« Nous verrons avec ceux qui, à droite et au centre, partagent les mêmes idées, pour nous organiser. […] Nous discuterons collégialement, dans les mois à venir, de la façon dont nous voulons organiser tout cela. Beaucoup d’élus locaux sont, d’ailleurs, prêts à nous suivre. »

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On le voit venir, notre organisateur des primaires ! Et ça tombe bien : en ce lumineux dimanche de juillet, son ami Lagarde, UDI mais constructif comme lui, voit la réalité avec les mêmes lunettes que M. Solère :

« Avec ceux-là, nous pouvons construire un grand mouvement de centre et de droite progressiste. C’est l’objectif que nous devons nous fixer d’ici l’automne, le temps de se mettre d’accord sur la façon de procéder, de sorte que les gens qui ont les mêmes idées que nous se retrouvent rassemblés plutôt que séparés. Un groupe parlementaire, ça a forcément vocation à trouver un débouché politique. »

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Et lui aussi pense aux « grands élus locaux qui ne sont plus au Parlement par nécessité », citant les maires de Nice (Christian Estrosi) et de Toulouse (Jean-Luc Moudenc), mais aussi « des présidents de conseils départementaux ». Et il va même jusqu’à songer à Valérie Pécresse et Xavier Bertrand :

« Est-ce qu’ils resteront chez LR ? C’est à eux de faire le choix, mais je crois que quand on n’est pas d’accord à ce point-là dans un parti politique, à un moment donné, ça ne tient pas. »

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Un grand parti de notables est en voie de reconstitution. Il y eut l’UDF, l’UDI. Pour ceux que ça intéresse, rendez-vous à l’automne pour le nouvel UD. On espère que M. Bayrou en sera le président d’honneur.

Finalement, c’est M. Wauquiez qui va être content : un parti de droite, avec une ligne de droite et des électeurs de droite, mais enfin débarrassé de ces petits marquis centristes. Encore une fois : merci Macron !

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