Culture - Editoriaux - Histoire - Réflexions - Santé - Sciences - 25 novembre 2018

Adélaïde Hautval, médecin français déportée à Auschwitz, vent debout contre l’eugénisme !

« Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier » (Talmud).

Les propos de Laurent Wauquiez assimilant la possible légalisation de la PMA pour toutes à l’eugénisme pratiqué par les nazis ont fait beaucoup réagir. Par méconnaissance ? La vie d’Adélaïde Haas-Hautval permet de prendre toute la mesure des dérives de l’eugénisme pratiqué par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette femme, âgée de 36 ans, le 26 juin 1942, clame son innocence depuis la prison de Bourges. Le motif de sa condamnation est le suivant : « amie des juifs ». S’adressant aux Allemands, elle leur a simplement dit : « Mais laissez-les ! Les juifs sont des gens comme les autres ! » Marthe Adelaïde est un médecin psychiatre français. Elle n’a jamais fait de politique.

La Gestapo lui demande de retirer ses propos sur les juifs : « Retirez vos propos et vous serez libérée ! » Ce à quoi elle rétorque : « Mais enfin, les juifs sont bien des gens comme les autres ! » Réponse de la Gestapo : « Vous les défendez ? Alors vous partagerez leur sort ! »

Les Allemands lui font porter une véritable étoile jaune avec une banderole présumée infamante, « amie des juifs », et l’envoient au camp de Pithiviers, où elle assiste à l’arrivée des juifs raflés au Vel’ d’Hiv’, puis au convoi des mères du 2 août 1942.

Après une parodie de procès, où on l’accuse d’être anarchiste, elle est déportée le 24 janvier 1943, par le convoi dit des 31.000, seul convoi de femmes non juives de France déporté de France vers Auschwitz-Birkenau et composé de 230 femmes, toutes détenues politiques.

Là bas, elle n’aura de cesse de soigner, consoler, sauver des vies. Elle passa trois années à soustraire les prisonnières aux sélections pour la chambre à gaz, mais aussi aux atroces expérimentations gynécologiques des médecins nazis au bloc 10 d’Auschwitz sur des centaines de cobayes juives.

Jamais elle ne reniera ce en quoi elle croit, jamais elle ne transigera. « Le refus n’est efficace que s’il est massif », disait-elle.

Adelaïde Hautval est une chrétienne dont la foi, héritée de son père pasteur, est chevillée au corps. Elle ne transige pas sur ce qui est au cœur de sa mission de médecin : défendre la dignité et l’inviolabilité de la personne humaine. 41 ans après son retour d’Auschwitz, Adélaïde consentit à livrer au public ses notes de déportation, un journal d’une exceptionnelle densité.

Haïdi a évoqué les raisons qui expliquaient, à ses yeux, l’apparition du nazisme : l’effondrement des valeurs spirituelles judéo-chrétiennes. « Si simplement le mépris organisé de l’humain, la folie mégalomane s’étaient trouvés en face d’un monde civilisé, lucide, courageux, déterminé à sauvegarder les valeurs premières […] cette horreur innommable aurait pu être évitée. ».

Adélaide est un des rares médecins à avoir dénoncé la survie des pratiques eugéniques et de l’idéologie du surhomme nazi dans la médecine contemporaine. Qui, mieux qu’un médecin engagé contre les expérimentations médicales nazies, pouvait mesurer la résurgence de cette idéologie et alerter sur les dérives d’une médecine devenue toute-puissante, qui ne se réfère plus au serment d’Hippocrate ? « Serons-nous amenés à parler de “criminels de paix” ? », interrogeait-elle.

Enfin, par-delà son témoignage de foi exceptionnel, elle a eu un discours prophétique sur les valeurs non négociables, fondement de toute société digne de ce nom.

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