SPÉCIAL LÉGISLATIVES: majorité absolue pour LREM mais moins de députés que prévu par les sondages

La République En Marche obtient la majorité absolue seule mais les électeurs du second tour ont opéré un correctif pour éviter une domination totale de l’hémicycle, comme le prévoyaient les instituts de sondage

350 députés pour la coalition LREM et MoDem mais pas les 450 annoncés lors des derniers jours de campagne. Les Français ont voulu donner à Emmanuel Macron les moyens pour appliquer son programme sans pour autant éradiquer les autres formations politiques de l’Assemblée.

Selon les chiffres officiels publiés par le ministère de l’Intérieur, cette nuit, voici les projections en sièges :

La République en Marche: 308 députés

MoDem: 42

Les Républicains: 113

UDI: 18

Divers droite: 6

Parti socialiste: 29

Parti radical de gauche: 3

Divers gauche: 12

Écologistes: 1

La France insoumise: 17

Parti communiste français: 10

Extrême gauche: 0

Divers: 3

Régionalistes: 5

Debout la France: 1

Front national: 8

Extrême droite: 1

À quoi ressemble la nouvelle représentation nationale ?

Elle est plus jeune et plus féminine. La moyenne d’âge passe de 54 à 48 ans. Les plus jeunes députés étant ceux de LFI devant ceux de LREM, puis du FN et de LR.

Elle est composée à 38,65% de femmes, c’est un record.
Le nombre de députées passant de 155 sous la précédente législature à 223 dans la nouvelle. C’est chez LREM que l’on trouve le plus de femmes devant le MoDem puis LFI, le PS, le FN, LR, le PCF et l’UDI. Mention spéciale au PRG dont les 3 élus sont des élues, 100% donc !

Personnalités élues et personnalités battues

Tous les ministres du gouvernement d’Edouard Philippe qui étaient candidats (ils étaient six) sont élus ou réélus.
Tous sans exception, y compris Richard Ferrand malgré la polémique concernant une opération immobilière des Mutuelles de Bretagne. Pas de problème non plus pour Bruno Le Maire malgré son changement d’étiquette, il fait même mieux sous les couleurs LREM que LR. Siège de députée renouvelé et donc portefeuille ministériel sauvé également pour Annick Girardin, ministre des Outre-mer malgré un 1er tour difficile.

Un cas particulier : celui de Manuel Valls dans l’Essonne.
L’ancien Premier ministre de François Hollande annonçait, devant les caméras, sa victoire lorsque des incidents ont éclaté. La candidate de LFI a contesté les résultats, demandé un recomptage des voix en dénonçant « de nombreuses irrégularités » et annoncé le dépôt d’un recours dès ce matin.
Devant la colère, et parfois la violence, de certains militants de LFI et du PCF la police municipale est intervenue et a évacué la mairie.

Résultats mitigés au Front national: Marine Le Pen fait son entrée à l’Assemblée nationale ainsi que son compagnon Louis Aliot, de même qu’Emmanuel Ménard (épouse de Robert) élue à Béziers, tandis que Gilbert Collard sauve sa tête face à la torera Marie Sara (LREM). À noter que Gilbert Collard a été trés critique sur la ligne du parti mené par Marine Le Pen. Ludivic Pajot, 23 ans, élu député FN est le nouveau benjamin du Palais Bourbon. En revanche Florian Philippot est battu et le FN ne pourra pas constituer de groupe parlemtaire. Ce résultat est un échec par rapport au score réalisé à l’élection présidentielle. Plus de 4,5 millions de voix se sont évaporées.

Du côté de La France insoumise, sans surprise, Jean-Luc Mélenchon est élu à Marseille. Il a annoncé la future création d’un groupe montrant sa volonté d’en découdre avec la nouvelle majorité. Alexis Corbière est également élu ainsi que le cinéaste militant François Ruffin (« Merci patron ») dans la Somme. Il était soutenu par LFI, le PCF et EELV.

À droite, Eric Ciotti est réélu dans les Alpes-Maritimes, Nicolas Dupont-Aignan qui avait pactisé avec Marine Le Pen est le seul élu de Debout La France, et Thierry Solère (LR Macron-compatible) est réélu à Boulogne-Billancourt (92). En revanche Nathalie Kosciusko-Morizet est sèchement battue à Paris, de même que David Douillet et les 2 candidats LR du XVe arrondissement de Paris: Philippe Gougon et Jean-François Lamour balayés par la vague LREM.

Au Parti socialiste, c’est le coup de balais géant ! À commencer par son Premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis sorti dès le 1er tour, qui a annoncé hier soir qu’il remettait les clés de la rue de Solférino à une direction collégiale.
Defaite dans les urnes des anciens ministres Najat Vallaud-Belkacem, Myriam El Khomri, Marisol Touraine ou encore Jean-Jacques Urvoas. Stéphane Le Foll, lui, est réélu.

Notons aussi la victoire d’Aurore Berger (ex-LR) sous l’étiquette LREM. Elle bat dans les Yvelines Jean-Frédéric Poisson (PCD) qui avait croisé le fer avec Christine Taubira lors des longues séances de nuit consacrées au projet de loi sur « le mariage pour tous ».

Enfin, pour la 1ère fois, trois « nationalistes » corses font leur entrée à l’Assemblée nationale.

Et maintenant ?

Conformément à la tradition, Edouard Philippe se rendra aujourd’hui à l’Élysée pour présenter la démission de son gouvernement. Démission qui sera acceptée. Dans la foulée, Emmanuel Macron chargera le même Edouard Philippe de former un nouveau gouvernement. Parlons plutôt d’un remaniement tant ce gouvernement ressemblera au précédent. Quelques ajustements, notamment techniques, sont attendus, mais peut-être aussi politiques.

Avec une majorité de 308 sièges largement supérieure à la majorité absolue (289), La République en Marche n’a, en principe, plus besoin d’allié pour gouverner et réformer. Mais l’Histoire a montré qu’il est toujours plus intelligent de partager le pouvoir.

Ah oui, une dernière chose, et pas des moindres : l’abstention… Elle atteint 57,36%. Doit-on vraiment parler de record ? Ce mot étant généralement réservé à qualifier ce qui est positif !

Bon lundi à toutes et à tous !

Article intéressant ?
Faites-le savoir sur facebook ou twitter !

AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE