Accords européens sur l’immigration : le bluff de Macron se retournera-t-il contre lui ?

Quand vous perdez et ne voulez pas le reconnaître, il ne vous reste qu’un moyen : faire croire que vous avez gagné. Mais ce bluff risque fort de vous exposer au ridicule et d’accentuer votre défaite aux yeux de l’opinion publique. Emmanuel Macron, qui se prend pour un dieu, ne pouvait que crier victoire à l’issue du sommet européen qui s’est achevé dans la nuit du 29 au 30 juin. Pourtant, le compromis signé par les dirigeants de l’Union européenne est pratiquement vide de contenu.

Notre matamore national nous avait prévenus : il allait donner des leçons de solidarité à l’Italie et obtenir, envers et contre tout, une solution européenne à la crise migratoire. Eh bien, figurez-vous qu’il l’a obtenue ! Il a expliqué, triomphant, que « la coopération européenne l’a emporté ». Les vingt-huit se sont mis d’accord sur la création de centres d’accueil sur le sol européen, notamment dans les pays de premier accueil, et sur la possibilité d’instaurer des plates-formes de débarquement, en dehors de l’Union européenne. Sur la base du volontariat, bien sûr. Mais, à part l’Espagne et la Grèce, les volontaires ne se bousculent pas au portillon.

L’Italie a refusé tout net, estimant, non sans raison, qu’elle a déjà donné. Tout comme la Grande-Bretagne (qui sera bientôt libérée de ses obligations par la signature définitive du Brexit), la Hongrie, la Pologne, la République tchèque… La liste des rebelles s’allonge. Sebastian Kurz, le chancelier autrichien, note avec humour : « On n’est pas un pays de première arrivée, sauf si les gens sautent en parachute. »

Et la France ? Qu’allait-elle dire ? Macron, qui est la voix de la France à défaut d’être celle des Français, lui qui est si prompt à donner des leçons aux autres, a expliqué, ô surprise, que « la France n’est pas un pays de première arrivée. Certains voulaient nous pousser à cela, c’est un peu ce que les polémiques récentes ont conduit certains à nous pousser à faire. Je l’ai refusé. » Quelle fermeté, n’est-ce pas ? Il est prêt à faire la leçon, à condition qu’elle s’applique aux autres. Quitte à renier, le temps nécessaire pour rassurer, ses propres convictions.

C’est que notre Président, s’il est expert en discours généreux, n’en est pas pour autant suicidaire. Il sait que la majorité des Français trouvent sa politique migratoire trop laxiste. Jusqu’ici, Gérard Collomb jouait le rôle de croque-mitaine, mais on ne le prend pas au sérieux. Son maître est contraint de le suppléer. Pour combien de temps ? Sa gauche ne le laissera pas longtemps tenir cette position, jugée trop tiède et contraire à ses engagements. Ou elle exigera des compensations, à l’occasion, par exemple des réformes sociétales.

Les plus indulgents justifieront le revirement de notre Président. C’est une nouvelle preuve de son réalisme, diront-ils. Du reste, la sagesse populaire ne nous rappelle-t-elle pas que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis ? C’est aussi l’argument des imbéciles quand ils en changent. Loin de nous l’insolence d’accoler cette épithète au premier des Français, mais nous hésiterons moins à souligner son opportunisme, son art de s’adapter aux situations… et de prendre les autres pour des imbéciles.

Après ce sommet européen, rien de fondamental n’a changé. Les migrants vont continuer d’arriver, les frontières extérieures de l’Europe d’être toujours aussi perméables, les bonnes âmes de culpabiliser ceux qui dénoncent la submersion migratoire. Il n’y a qu’une solution pour briser ce mécanisme de l’impuissance : que toutes les forces de droite se réunissent à l’occasion des élections européennes. Faute de quoi, ce sont les tricheurs et les bluffeurs qui finiront par l’emporter pour de bon !

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