Editoriaux - Santé - Société - 24 septembre 2018

À quand des gilets pare-balles pour les écoliers ?

Non, ne riez pas, ce n’est pas un poisson d’avril ; d’ailleurs, ce n’est pas la saison. Var-Matin vient de nous apprendre une information affligeante et sidérante sur la nouvelle tenue du personnel du SMUR varois : dorénavant, celle-ci comportera un gilet pare-balles.

Depuis vendredi 21 septembre exactement, le personnel du SMUR 83 est équipé de gilets pare-balles dans ses véhicules. Une mesure prise pour sécuriser le personnel dans un contexte de violences grandissantes. Il a fallu plusieurs années de réflexion pour en arriver là, explique le quotidien sudiste ; il a surtout fallu les agissements de plus en plus violents de bandes multiples.

Ainsi, donc, l’agglomération toulonnaise a le douteux privilège de doter les personnels médicaux de cet habit de protection. Deux lots viennent d’arriver, mis à disposition l’un du SMUR de La Seyne-sur-Mer et l’autre d’une des deux équipes au départ de Toulon. Même si nous sommes au bord de la mer, ces gilets seront plutôt des gilets de « sauvetage » pour tous les urgentistes se risquant dans les quartiers sensibles. Un moyen de garantir, lors des missions, leur intégrité physique.

« Engagées sur une zone d’attentat, sur un règlement de comptes dans une cité, ou bien pour faire hospitaliser un patient psychiatrique armé, voilà différents types d’intervention pour lesquelles nos équipes étaient loin d’être protégées comme il se doit », ont précisé les responsables du SAMU 83.

Voilà où la multiplicité des agressions contre les personnes, notamment les administratifs, nous entraîne.

Qui sait, dans peu de temps, on préconisera peut-être le gilet pare-balles aux buralistes pour gérer leurs tabacs. Puis on demandera aux agents communaux de parcourir les rues des cités en half-track. Le casque, lui, sera obligatoire pour les enseignants et les collégiens devront, à partir de onze ans, revêtir des blousons en kevlar.

Alors que les racailles connues de la police se pavanent sur la voie publique sans être appréhendées, aujourd’hui, on préfère surprotéger les victimes potentielles. C’est comme si, dans un combat de boxe, quand le plus fort monte sur le ring, on lui interdisait de frapper tout en lui remettant une superbe paire de gants pour se protéger des coups.

J’aimerais poser une question aux grands pontes du SAMU 83 : quelles réactions pensez-vous que les voyous vont avoir en apprenant la nouvelle ? Moi, je les vois d’ici : d’abord un grand éclat de rire, ensuite un mépris encore plus grand des institutions puisque eux, qui ne sont que des grains de sable, arrivent à détraquer les rouages d’institutions bien huilées.

Bien évidemment, cette nouvelle est passée relativement inaperçue au niveau national. Nos gazetiers avaient des « news » plus importantes et plus urgentes. Comme celle des journalistes du Figaro condamnant les propos tenus par Éric Zemmour face à la chroniqueuse Hapsatou Sy ou comme le JDD proposant la vidéo « scandaleuse » du forain Marcel Campion tenant des propos homophobes envers des responsables de la mairie de Paris.

Parlons vrai : ce pays est bien malade et, pendant ce temps, la grande presse le perfuse de drogues à base de nouvelles à sensation pour qu’il ne réalise pas qu’il est en train de rendre l’âme.

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