À peine élu, Macron tourne le dos aux PME


Retraité, ancien responsable de développement international

 

Le changement, c’est maintenant. À chaque élection présidentielle, cette petite rengaine est jouée avec, pour objectif, d’attirer le plus grand nombre. Séduites par le discours pro-business d’Emmanuel Macron, nombre de PME ont soutenu la campagne du candidat d’En Marche ! Problème : Macron a oublié de convier les représentants de ces entreprises à la passation de pouvoir. Une indélicatesse qui laisse déjà entrevoir où vont les sympathies du nouveau Président.
 
Haut fonctionnaire, mais aussi banquier d’affaires. Macron connaît aussi bien l’administration publique que le secteur privé. Une rareté pour un homme politique, qui fait espérer aux entreprises qu’elles vont enfin être écoutées par l’Élysée. Ce devrait être le cas, pour une partie d’entre elles : Emmanuel Macron semble mettre un soin tout particulier à cultiver son image de Président des riches et des patrons de grandes entreprises. Un milieu auquel il appartient, bien loin de l’immense majorité des entreprises qui composent le tissu économique français.
 
La passation de pouvoir était, à ce titre, éclairante. Les craintes exprimées par beaucoup ont trouvé un écho dimanche dernier.

Un parterre de personnalités étaient présentes. Parmi elles, le patron du MEDEF, Pierre Gattaz, figurait en bonne place. Les représentants de la CPME (la Confédération des petites et moyennes entreprises) ont, quant à eux, été priés de suivre la cérémonie depuis leur canapé.
 
S’agit-il d’un simple oubli ou d’une volonté de marquer ses préférences ? Les deux hypothèses laissent songeur : Emmanuel Macron aurait-il oublié que 49 % des emplois salariés sont issus des petites et moyennes entreprises ? Les grandes ne concentrent que 27 % des salariés en France. Elles font la pluie et le beau temps des pages économiques des quotidiens, mais ce sont les petites et moyennes entreprises qui portent la croissance de tout le pays.
 
Les dix dernières années ont été difficiles pour les PME. Beaucoup d’entre elles n’assurent pas de revenus décents à leurs dirigeants, qui se privent pour ne pas couler. Une situation qui n’est pas viable, mais qui semble loin des préoccupations présidentielles. L’absence d’invitation de la CPME à la passation de pouvoir laisse penser que l’exécutif continue de ne pas voir les vrais acteurs économiques de la France. Sarkozy fut le Président des riches. Hollande, le Président de personne. Veillons à ce que Macron ne devienne pas le Président du seul CAC 40.

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Retraité, ancien responsable de développement international

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