Primaire à droite

À la veille du second débat de la primaire : revue de détails

 

Qui peut croire véritablement aux balivernes qui seront largement énoncées jeudi soir ? Là où l’on aurait voulu qu’une Elisabeth Lévy, un Finkielkraut, un Zemmour ou un Onfray mettent sur le gril les sept candidats et leur fassent donner le meilleur d’eux-mêmes, nous n’aurons que les très politiquement couchées Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, en sus de Michaël Darmon et Apolline de Malherbe.

Que peut-il sortir de bon de ces soirées où, à l’exception de Jean-Frédéric Poisson, chacun se tient par la barbichette et la petite mallette ? Interrogés « dans et par » le conformisme – c’est là leur seul domaine de compétence, il est vrai –, chacun se poussera du col sans qu’il en sorte une minute de grâce ou d’intérêt.

Juppé, croque-mortifère, ex-meilleur devenu le plus falot des fanaux, proposera son Prozac là où l’on eût aimé un projet, une marque, une enthousiasmante caractéristique pour notre nation. Son identité n’est pas celle du courage de la liberté ou de la générosité de la fraternité, ni celle de l’égale dignité des humains ou celle de la fierté de donner au monde et aux lendemains le fruit de nos efforts. Le Prince noir de la nouvelle Aquitaine fricote avec la FM et nous sort une non-pensée, un non-concept, un vide indéfini : l’identité heureuse. Ah, la belle trouvaille ! On aimerait connaître le nom de l’auteur de cet abâtardissement de la pensée pour l’envoyer réviser dare-dare sa philo et la sociologie.

Faut-il évoquer les autres : Super Menteur Ier et ses cachets de Tranxène distribués par ses apparitions dans les quartiers ? Le maire de Meaux, voleur des voix pour la présidence de l’UMP, qui nous concocte des préparations médicinales sur ordonnance sans essai clinique ? La pimbêche du XIVe, qui obtient médias et succès par sa flamboyante chevelure et ses jolies poses que seule Karine lui marchande ?

Reste Fillon, monsieur Placebo, qui rédige – en plus de 1.000 pages – la litanie des mesures qu’il aurait fallu prendre hier quand il était au pouvoir pour éviter les problèmes d’aujourd’hui, sans réfléchir le moins du monde aux décisions à prendre aujourd’hui pour éviter les problèmes de demain ; selon ce que l’on imagine être le possible futur de notre nation.

Sérieusement : qui ferait confiance à un maçon qui viendrait enduire de graves fissures sans demander d’étude sur la nature des sols et la sismographie de la région ? À un médecin qui soignerait l’effet d’une maladie sans se préoccuper de la cause afin d’éviter une rechute ?

Gouverner, c’est prévoir ! Encore faut-il le vouloir faire et non se cantonner au simple exercice du pouvoir. Encore moins chercher à complaire au quatrième : les médias ; comme Hollande en abusa auprès de Davet et Lhomme. Plus d’une consultation chaque mois. On se demanderait presque si ce n’est pas Valoche qui fit passer ce monde-là pour des thérapeutes-psychanalystes.

Jeudi, loin de toute mobilisation des esprits, loin de nous appeler au sang et aux larmes pour retrouver notre identité, loin de tracer un destin, le puiser dans les succès et le forger des fautes du passé, six des sept samouraïs se limiteront, comme Bruno Le Maire – tiens, je l’avais oublié, celui-là -, à un programme de premier ministrable, tenu et contraint par la finance des Soros et le mondialisme des Bergé et BHL.

Reste Jean-Frédéric Poisson : il s’est sorti mieux que ne le fit Jean-Marie du chahut qui suivit ses propos qui, en France, font comme une arête dans le gosier de la vraie-fausse bien-pensance. Sa résistance aux requins se démontre un peu plus chaque jour.

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