À continuer de jouer ainsi avec le feu de la révolte…

Certains s’installent maintenant tous les samedis devant leur petit écran pour voir le match Gilets jaunes contre forces de l’ordre, un peu comme on assisterait à un match entre Liverpool et Manchester…

On se sert un whisky et on invite les voisins à vivre l’événement en direct.

Ce spectacle violent, en live et sans trucages, n’est-il pas en train de polluer les esprits au point de banaliser la violence sous prétexte qu’elle servirait une juste cause ? Et lorsqu’on l’oppose à son garde-fou, l’autorité, il y en aura toujours certains qui trouveront à redire sur quelques coups de matraque un peu trop appuyés des représentants de cette autorité de la même façon qu’on discuterait d’une pénalité douteuse…

À continuer de jouer ainsi avec le feu de la révolte, on risque d’ouvrir la porte à une vraie révolution dont personne, aujourd’hui, ne peut dire jusqu’où elle irait. Certains s’enorgueillissent probablement du fait que c’est cette France qui avait, en 1789, ouvert la porte de la révolte sanglante contre les pouvoirs établis et qu’à ce titre mûrissent dans ses entrailles toutes les raisons valables d’en refaire une autre. Mais aujourd’hui, les paramètres ne sont plus les mêmes qu’en 1789 car gueux, paysans et nobles étaient issus d’une même culture et du même berceau culturel.

Aujourd’hui, les choses ont considérablement changé car l’hétérogénéité de la société française pourrait, demain, en cas de soulèvement, donner des idées de déstabilisation non seulement politique mais aussi culturelle et religieuse à une frange de cette même société.

Quand on voit la facilité avec laquelle les forces de l’ordre se font parfois déborder par de simples civils sans formation militaire, on peut légitimement se poser la question de savoir ce qui adviendrait si des groupes d’individus religieusement et idéologiquement armés décidaient de déferler sur Paris ou ailleurs pour tester le moral et l’efficacité des troupes. Ce pays est, actuellement, en état de faiblesse morale et de rupture car partagé entre la légitimité des demandes des vrais Gilets jaunes et la nécessité de faire respecter l’ordre public.

Le problème, aujourd’hui, est que la légitimité et les priorités de l’État français sont, aux yeux de beaucoup de nos concitoyens, dilués dans un ensemble européen qui ne trouve aucune grâce à leurs yeux. De là la difficulté, pour le gouvernement, de parler au nom d’une France souveraine, libre de ses mouvements et en phase avec le pays réel…

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