« Ce qui a changé, c’est la volonté du peuple de droite de ne plus se faire voler la victoire à cause d’états-majors incapables de s’entendre »

Robert Ménard, maire de Béziers, a récemment déclaré vouloir s’affranchir du soutien des partis politiques pour les prochaines élections municipales dans sa ville. Avec Jean-Frédéric Poisson, Thierry Mariani et d’autres, il a signé l’Appel d’Angers. Pour Boulevard Voltaire, il fait le point sur les différentes initiatives d’union des droites que l’on voit apparaître en France, loin des états-majors parisiens.

Les Amoureux de la France, l’Appel d’Angers, d’autres initiatives encore dans la région lyonnaise ou en Gironde : on a le sentiment que l’idée d’une union de la droite progresse…

Il était temps ! On ne pourra pas gagner les uns sans les autres, les uns contre les autres. C’est l’évidence même. Mais, en politique, même l’évidence a du mal à faire son chemin. Peut-être fallait-il les défaites de l’année dernière pour que la base, les militants viennent bousculer les vieilles habitudes, les vieilles rancœurs, les vieilles exclusives. Nous sommes, enfin, sur le bon chemin. Même si certains continuent à vouloir faire cavaliers seuls ou n’imaginent cette union que sous leur direction. Mais la machine est lancée et personne ne l’arrêtera.

Certains, en effet, jugent cette union des droites « restrictive » ou « ringarde » et lui préfèrent un « rassemblement national » allant « au-delà ».

Au-delà ? Mais avec qui, concrètement ? Les troupes de Jean-Luc Mélenchon ? Tout cela n’est pas crédible. Pendant des années, les mêmes ont tendu la main à un Jean-Pierre Chevènement, espérant une alliance des souverainistes de droite et de gauche. En vain. Non, ce qui a changé, c’est la volonté du peuple de droite de ne plus se faire voler la victoire à cause d’états-majors incapables de s’entendre alors que, sur les sujets, les problématiques essentiels, nous sommes globalement d’accord.

Mais vous-même avez expliqué que vous ne voteriez pas pour une liste conduite par Marine Le Pen, Nicolas Dupont Aignan et Jean-Frédéric Poisson…

Aux européennes, devriez-vous préciser. Et si cette liste se définissait simplement comme « anti-Union européenne ». En effet, je ne suis pas d’accord avec ceux qui expliquent que Bruxelles est une « dictature ». Si je combats la bureaucratie bruxelloise, si je veux qu’on donne plus de place à nos nations, je n’en crois pas moins à une civilisation européenne, seule susceptible de s’opposer avec succès à une domination de l’entertainment américain, à ces GAFA qui sont la version moderne du Big Brother du roman de George Orwell. Mais je constate, depuis quelques mois, que les positions évoluent. Et dans le bon sens. Jean-Frédéric Poisson et moi avons, d’ailleurs, signé, ensemble et sans état d’âme, l’Appel d’Angers : nous avons trouvé, sous la plume de Guillaume Bernard, l’initiateur de cet appel, des formulations qui conviennent à tous. Je constate également que, du côté du FN, on ne fait plus de la sortie de l’Union européenne ni de celle de l’euro un préalable. Peu à peu, ils reviennent à une position plus raisonnable et préfèrent parler de réformer, de l’intérieur à présent, la structure qui était, à leurs yeux, hier encore, responsable de tous nos maux. Tout cela milite pour que nous nous retrouvions au coude-à-coude, toute la droite réunie, lors des prochaines échéances électorales.

Reste qu’à Béziers, vous avez expliqué que vous souhaitiez vous représenter mais sans demander le soutien de quelque parti que ce soit. Certains l’ont mal pris…

Ils ont tort ! Je suis respectueux des partis politiques mais je ne crois pas à une union des droites sur le modèle de l’Union de la gauche des années 70. Je ne crois pas à un simple cartel de partis politiques. Cette façon de faire de la politique est dépassée. Emmanuel Macron a signé son arrêt de mort. Il nous faut, aujourd’hui, mobiliser bien au-delà des partis. C’est bien pour cela que nous gagnons à Béziers ! On peut avoir envie de participer à la vie de sa commune sans, pour autant, adhérer à une formation politique. Si le rassemblement de Béziers, en 2016, Oz ta droite, n’a pas eu de suite, c’est bien parce que je l’imaginais alors comme un accord entre appareils. Et c’était une erreur. Encore une fois, il faut partir de la base, de la province. Il nous faut une droite girondine, ancrée dans le quotidien.

Comme à Béziers ?

Exactement. Au risque de me répéter, les divisions entre ce qu’il est convenu d’appeler « la droite » sont souvent artificielles ; nous sommes d’accord sur l’essentiel. À Béziers, votent pour nous des gens qui se prononceront, par ailleurs, pour des candidats différents lors, par exemple, des prochaines élections européennes. J’ai la prétention de les rassembler, ici chez nous, autour de notre ville et de sa défense. Autour de mesures de bon sens, loin de la démagogie propre au petit monde politique.

Décidément, vous dites toujours du mal du « petit monde politique »…

J’ai des difficultés à comprendre ceux qui s’opposent pour s’opposer, ceux qui dénoncent par principe toute initiative qui vient d’un autre parti que le leur. Mais j’ai le plus grand respect pour tous ceux qui s’engagent, qui se mobilisent, qui consacrent du temps à leurs idées, à leurs convictions. Je n’appartiens à aucun parti politique mais j’ai des amis dans plusieurs d’entre eux. Je veux simplement les réunir, faire en sorte qu’ils oublient leurs querelles pour se concentrer sur ce que nous pouvons faire ensemble, à Béziers comme ailleurs. C’est cela, l’union des droites. Je la prône depuis des années. J’ai le sentiment d’être enfin entendu.

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