Editoriaux - 24 juillet 2018

À ce train-là, dans deux ans, Benalla était général !

Depuis ces deux derniers jours, nous sommes au temps des « patates chaudes ». Le ministre de l’Intérieur, le directeur de cabinet et le préfet de police jouent à « Ce n’est pas moi, c’est lui … Moi, mais j’ai rien fait, monsieur, je savais rien juré, craché ! » Subitement, ces autorités miment les singes de la sagesse, ceux qui ne voient rien et n’entendent rien.

Aujourd’hui, les fumigènes balancés le 1er mai place de la Contrescarpe produisent de l’enfumage jusqu’à l’Élysée. Un seul but, dans ce capharnaüm présidentiel : sauver le soldat Macron. Car derrière les indignations dénonçant le comportement du « bodyguard », que trouvons-nous d’autre, sinon la responsabilité pleine et entière de l’hôte du Palais ? Oui, comment ne serait-il pas le seul, contre vents et marées, à avoir imposé ce simple garde du corps ? Comment ne pas en conclure que c’est le Président qui a mis en avant son « puncheur » ? Pour le directeur de cabinet, le secrétaire général de l’Élysée et le commandant du GSPR, l’homme ne présentait aucune importance. Ils ne lui en ont accordé que lorsque Macron les y a obligés.

Dans un précédent article, j’avais indiqué que Benalla n’était que brigadier de réserve. Mais en 2017, changement de décor, Jupiter est sacré sur les fonds électoraux. Notre Dieu élyséen veut sans doute dur comme fer l’élévation en grade de son garde du corps. C’est, en tout cas, ce que tend à démontrer la suite. Il fallait donc le faire passer de brigadier à lieutenant-colonel, un peu comme si vous demandiez, dans une entreprise, que le responsable de la maintenance devienne, du jour au lendemain, sous-directeur.

Cet homme, simple gendarme adjoint de réserve, ayant suivi deux semaines de formation en Normandie lors d’une préparation militaire et ayant effectué quelques rares missions avec, comme chef de peloton, Sébastien Lecornu, nommé, depuis, secrétaire d’État à la Transition écologique, devait passer officier supérieur. La direction se devait de s’incliner. Donc le directeur, tout en précisant le statut de « réserviste » du garçon, plia un genou mais, à la manière « gendarmique », tout en finesse et en note interne, comme le raconte Le Parisien.

Alexandre Benalla, engagé auprès de la réserve opérationnelle, en avait été radié à sa demande en 2017. Pourtant, grâce à un tour de passe-passe, il n’en a pas pour autant quitté la gendarmerie. Figurez-vous que, depuis cette date, il est devenu « expert » au sein d’un groupe de 74 personnes auxquelles fait appel la direction nationale quand elle ne dispose pas de « ressources en interne ». Ainsi serait-il intervenu pour une mission de travail lors des incendies et agressions de casernes de gendarmerie fin 2017. Une compétence qui lui confère, par l’opération du Saint-Esprit, un grade « temporaire » : celui de « lieutenant-colonel ». C’était tellement ridicule que la direction des réserves a émis un avis défavorable, mais s’oppose-t-on à la volonté du prince ? Je vous laisse imaginer la fureur des « pandores », officiers et gradés réunis, devant un tel avancement.

Macron est l’instigateur du « Benallagate ».

Dommage que le bagagiste des « Bleus » (dixit Castaner) soit en mauvaise posture : avec un tel protecteur, dans deux ans, il était général !

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