Editoriaux - Histoire - Souvenir 14-18 - 2 août 2016

3 août 1916 : contre-attaque française sur Fleury

« Nous occupons tout le village de Fleury et reprenons en partie le Chesnois », titre L’Humanité du 3 août. « Nous enlevons des tranchées et des ouvrages fortifiés sur les fronts de la Somme et de la Meuse », met à sa une Le Petit Journal du même jour.

En ce 3 août, la France et ses alliés tentent de percer les lignes allemandes sur deux fronts : la Somme et Verdun. C’est au village de Fleury-devant-Douaumont, près du fort du même nom, que se concentrent les combats. Jusqu’au 23 juin 1916, cette petite bourgade était aux mains des Français. Il était tenu par le 239e régiment d’infanterie (239e RI), qui a subi de très lourdes pertes et qui est sur le point d’être relevé quand les Allemands passent à la contre-offensive. Le 23 juin au soir, seules les deux dernières maisons au sud du village sont encore entre les mains des Français. Le 12 juillet 1916, l’ensemble du village est définitivement conquis par les Allemands, qui ont attaqué alors que deux bataillons, l’un du 167e et l’autre du 168e RI (128e DI), sont en pleine relève dans ce secteur du sud de Fleury.

Ce 3 août 1916, des éléments de la 15e division d’infanterie (56e et 207e RI) renforcés de deux compagnies du 10e RI arrivent à pénétrer dans le village mais en sont rejetés par les contre-attaques allemandes. Ainsi, à 17 h, les 21e et 23e compagnies du 10e RI reçoivent l’ordre de pousser l’assaut sur Fleury. S’abat alors sur le village, dans l’heure qui suit, un violent bombardement allemand de tous calibres. Les 2 compagnies du 207e RI qui occupent le village ne peuvent plus tenir leur position. Mais au lieu de se replier, elles chargent à nouveau vers l’ennemi. Elles parcourent ainsi 700 à 800 m en poursuivant les Allemands qui s’enfuient. Le terrain réoccupé est aussitôt organisé.

Le 9e RI participe aussi à la reprise de Fleury en intervenant à la droite du 207e RI. À 18 h, la 7e compagnie du 96e RI profite du mouvement de flottement dans les lignes allemandes, part à l’attaque de l’ouvrage de Thiaumont et parvient à le reprendre en faisant 40 prisonniers. Ensuite, une section commandée par le sergent Hervé parvient à s’avancer jusqu’à la tranchée Wagner et y fait 80 prisonniers.

À 20 h, le 414e RI part de nouveau à l’assaut et atteint la corne sud de la Haie-Renard, la pointe de Retegnebois et les abords de la cote 359, dans la Vaux-Régnier. Durant la nuit, le 134e RI s’empare du talus du chemin de fer, à la lisière sud-est de Fleury.

Toute la journée, le 10e RI a organisé les positions qu’il a reprises la veille. Il y repousse assez facilement une attaque dès 4 h du matin. Cela fait huit jours qu’il est en ligne, et pratiquement tous les jours, il a livré des combats ! Si l’on en croit Le Petit Parisien daté du 4 août, les Français ont fait 1.750 prisonniers entre le 1er et le 3 août.

Avant la Première Guerre mondiale, le village de Fleury-devant-Douaumont comptait 422 âmes. En 1918, le village est déclaré « mort pour la France ». C’est l’un des neuf villages totalement détruits lors de la bataille de Verdun.

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