223 à l’Assemblée : la cause des femmes est entendue… à ce qu’il paraît

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

La cause des femmes est entendue, à ce qu’il paraît : elles sont 223 à faire leur entrée ce lundi à l’Assemblée. Et hop ! Pour beaucoup un saut dans le grand bain sans bouée ni brassières. On ne sait pas s’il faut s’en réjouir, ni même s’il faut s’arrêter sur ce chiffre, car qu’y a-t-il de remarquable là-dedans ?

75 % des élus de ce second tour sont de nouveaux venus. Mâles et femelles. En majorité des novices en politique. Novices aussi en « communication », parfois jusqu’à la caricature. C’est le cas de trois candidates au moins qui sont devenues, le temps d’une campagne, la risée du Web. Leurs collègues masculins n’ont peut-être pas été plus brillants, mais elles ont été particulièrement mauvaises quand sont arrivés sur elles caméras et micros.

À leur décharge, il faut reconnaître que, pour quelqu’un qui ne s’y est jamais entraîné ni prêté, l’exercice est des plus « piégeux » qui soient. Et, donc, mesdames Anissa Khedher, Fabienne Colboc et Émilie Guerel se sont lamentablement vautrées quand les questions sur le programme En Marche ! sont devenues pointues. Notez bien, notre Président leur chef avait dû passer la consigne de rester dans le flou et, là-dessus, elles se sont parfaitement exécutées, mais les amis des réseaux en ont fait des gorges chaudes entre les deux tours.

Seulement voilà, contre toute attente, elles ont quand même été élues. Au ras du filet mais élues quand même. C’est le miracle de La République en marche : la baraka de notre nouveau Président rejaillit sur ses ouailles.

Encore faut-il qu’il les ait adoubées. La preuve par NKM : rejetée par Macron, son évanouissement devant l’injure d’un malpoli n’aura pas réussi à la sauver du désastre.

Anissa Khedher est psychiatre à la ville. « Je prends ça avec beaucoup d’humour », a-t-elle affirmé à propos des moqueries sur le Web, « j’ai l’habitude de la perversité et de la nature humaine. Je ne vois pas de polémique, il n’y a rien. » Si elle le dit.

Ce dont elle n’a pas l’habitude, en revanche, c’est la guerre des urnes. Élue avec seulement 250 voix d’avance sur Alexandre Vincendet, le maire LR de Rillieux-la-Pape, celui-ci a décidé de déposer un recours et de recompter les bulletins. Tout comme l’adversaire Insoumise de Manuel Valls, Farida Amrani, qui, elle, affirme avoir des preuves de tricherie et de choses plus vilaines encore. Elle a ainsi déclaré au micro de BFM TV : « Nous contestons les résultats d’hier et nous revendiquons la victoire. On a passé une semaine très difficile entre les deux tours, […] avec des intimidations. Dès vendredi, nous avons fait appel à Amnesty International, pour qu’ils puissent être présents dans les bureaux et faire leur travail d’observateur. »

Ces élections nous auront au moins appris une chose : les Insoumis sont mauvais joueurs, comme leur chef Mélenchon. Bref, c’est la guerre des gauches qui continue. Normal, ces gens-là ont une tradition de tricherie bien ancrée. C’est « culturel », comme on disait dans les fédérations PS du Nord et des Bouches-du-Rhône. Feu Gaston Defferre, maire de Marseille, n’est certes plus là pour en parler mais Martine Aubry si, elle qui fit bon usage de cette tradition culturelle pour ravir la tête du PS à Ségolène Royal.

223 femmes à l’Assemblée, donc. Surtout 223 élues ordinaires, qui dans l’ensemble ne seront sans doute ni mieux ni pires que leurs collègues masculins.

Croire le contraire ne serait, au fond, rien d’autre que… du sexisme !

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