Présidentielle 2017

2017 ? Valls en meurt d’envie

Juriste

SG du Collectif Culture, Libertés et Création du RBM

 

Manuel Valls se trouve dans une position délicate. Cela fait plusieurs mois qu’il dit pis que pendre de l’attitude d’Emmanuel Macron, qui a quitté le gouvernement pour se présenter à l’élection présidentielle. Comment pourrait-il, alors, lui aussi, trahir François Hollande ? Il ne veut pas être Brutus et ne sait que trop bien que les traîtres ne sont que rarement pardonnés.

Pourtant, l’envie d’y aller le démange. Avec l’élimination prématurée de Nicolas Sarkozy au premier tour de l’élection primaire de la droite, le Président a perdu son meilleur ennemi. En outre, le positionnement très libéral du candidat Fillon pourrait ressusciter une gauche jusque-là moribonde…

Tous les ingrédients semblent donc réunis pour que Manuel Valls se présente en ultime recours d’une gauche de gouvernement explosée façon puzzle, tributaire d’un chef qui atteint des sommets d’impopularité inédits à chaque nouvelle enquête. Prudent, le Premier ministre ne s’engage pas directement, choisissant de laisser ses lieutenants monter au créneau. Il sonde l’atmosphère et évalue ses chances.

Le député Malek Boutih ne cesse de l’appeler à faire le grand saut. Pareillement, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, pense qu’il est temps pour son ami de se dévoiler avant qu’il ne soit trop tard. De façon beaucoup plus étonnante, Michel Sapin, camarade de François Hollande à l’ENA, a estimé que Manuel Valls incarnait une sensibilité importante, la « gauche de responsabilité », et qu’il avait en conséquence toute sa place dans ces primaires de la gauche à venir.

Depuis Rouen, ville natale de François Hollande, Manuel Valls est allé un peu plus loin qu’à l’accoutumée, déclarant ne pas encore savoir quelle personnalité serait la plus à même de « rassembler la gauche ». Et d’ajouter :

« Je prendrai mes responsabilités, je serai forcément un acteur de ce débat qui s’ouvre.

Sur le ton de l’humour, convoquant les mânes de la France historique, le Premier ministre est même allé beaucoup plus loin :

« Je vous rassure, je vous inquiète ou je vous déçois, mais il n’y aura pas d’appel de Rouen, même si Jeanne d’Arc n’est pas loin. Je serais bien tenté, mais je ne céderai pas à cette tentation. »

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Manuel Valls pense que François Hollande est définitivement sorti du jeu. Il croit son heure arrivée. Son espace politique sera pourtant assez restreint. Il devra réconcilier l’inconciliable, évoquer Blair et Clemenceau dans une même dialectique. Conscient que la gauche a oublié la France périphérique, Manuel Valls veut combattre les « insécurités que provoque la mondialisation ». Là encore, son bilan ne plaide pas pour lui, mais les candidatures de Fillon et Macron peuvent l’aider à s’immiscer dans ce débat.

À sa manière, une candidature Valls illustrerait le mouvement de fond de notre société. Les Français veulent un État fort garant des libertés, bouclier contre les prédations engendrées par la mondialisation : immigration, immobilité sociale, terrorisme islamiste, désindustrialisation, chômage… Problème : tous les candidats potentiels, hors Marine Le Pen, ont une part de responsabilité dans ce marasme. Manuel Valls en tête.

SG du Collectif Culture, Libertés et Création du RBM

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