2017 : l’hécatombe

Nous voilà donc venus à bout d’une année supplémentaire et, les problèmes de digestion une fois mis de côté, la traditionnelle revue des chambardements politiques de l’année semble s’imposer.

Macron, ce Hollande mort-vivant, a été élu, seul survivant de l’hécatombe que s’est révélée être la dernière élection présidentielle. Le paysage politique qui s’offre à nous en cette nouvelle année n’est point pareil à un bois majestueux où les pins et les cèdres se disputeraient la cime des cieux. Il n’est pas comparable, non plus, à un champ fertile ou une mer impétueuse. Il serait plutôt une lande désolée, un funérarium peuplé d’héritiers véreux, de pilleurs de tombes.

Ce n’est pas Mélenchon, dont le charisme et le bagout sont indéniables, qui changera la donne. Il est seul dans son petit théâtre, à essayer des grimaces et se faire des mines dans le miroir, lui qui pourrait brillamment tirer son épingle du jeu en dégageant son folklore de vieux militant, dépassé et clivant comme pouvait l’être celui du père Le Pen. Qu’il ait été élu à Marseille n’a rien d’étonnant, cette ville triste et douloureuse qu’on vend aux touristes en quête « d’authenticité » et aux bobos qui tuent ce qu’ils aiment, qui tuent le Panier comme ils ont tué le Marais à Paris ou la Croix-Rousse à Lyon.

Chez Les Républicains (décidément, je ne me ferai jamais à ce nom), c’est Wauquiez le chef de brigade. Nous attendons ses déclarations chocs sur l’immigration de masse, la souffrance des gens des quartiers et tout son numéro de Sarkozy bis, son Kärcher à lui et sa double ration de frites. Et s’il est élu en 2022 sur la bonne foi des électeurs du Front, il y a fort à parier qu’il nous refera le coup des mains liées, de l’amnésie et de la soumission aux impératifs de la banque.

Reste le FN, ex-champion d’une certaine France des perdants, croque-mitaine pour les autres. Il est sur la scène politique un peu comme peut l’être votre serviteur en société. C’est trivial comme comparaison, mais je l’assume : je suis le bon droitard dans ma bande de copains. À la vérité, tous mes potes sont un peu de droite, mais de leur point de vue, l’ami de droite, c’est moi. Faut-il ronchonner sur l’incompétence des gens de pouvoir, le besoin d’une tirade sur la maladresse de telle mesure gouvernementale se fait-il sentir qu’ils me lancent, trop contents. Untel est indigné par une mésaventure, une de celles qui fait resurgir jusque dans nos bonnes âmes républicaines des sentiments offusqués de laisser-faire, d’injustice ? Je suis celui qui appelle un chat un chat.

Eh bien, le FN, c’est leur alibi de droite, à eux, les politicards interchangeables des partis pas radicaux. Marine sera de nouveau déboutée, bonne marionnette, épouvantail, reviendra se cantonner, frileuse, dans un secteur bien précis, comme une boutiquière démodée qui ne fera jamais fructifier son pécule mais pérennise un petit négoce.

En définitive, pour moi, il n’y a guère que Dupont-Aignan qui ne se soit pas ridiculisé en 2017.

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