Editoriaux - Politique - Union Européenne - 10 juillet 2016

2 octobre 2016 : une date importante pour l’Autriche et la Hongrie !

Le dimanche 2 octobre mettra l’Autriche et la Hongrie sous les feux de la rampe. Il ne s’agira pourtant pas du match retour de l’Euro de football, qui avait vu la Hongrie s’imposer 2-0 face à son voisin autrichien.

Il s’agira, pour l’Autriche, de la répétition du second tour de l’élection présidentielle, le scrutin précédent du 22 mai ayant fait l’objet d’une annulation par la Cour constitutionnelle autrichienne suite au recours du candidat patriote Norbert Hofer, du parti national-libéral autrichien (FPÖ). Hofer avait perdu l’élection de seulement 30.000 voix, recueillant 49,7 % des suffrages exprimés, face au candidat écologiste Alexander Van der Bellen.

Le dépouillement des votes par correspondance fait l’objet de règles précises (dépouillement le lundi matin, en présence des représentants des différents partis) qui n’ont pas toujours été respectées (les enveloppes avaient parfois été ouvertes et triées dès le dimanche soir sans la présence des représentants des commissions électorales). D’où la décision exceptionnelle de la Cour constitutionnelle d’annuler ce scrutin majeur.

Si les pouvoirs du président de la République d’Autriche ne sont pas aussi étendus qu’en France, ils ne sont pas pour autant réduits à la portion congrue de l’inauguration des chrysanthèmes ou de la remise de la Coupe de France comme durant la IVe République française.

Le président de la République, en Autriche, a notamment le pouvoir de proposer ou de refuser le nom d’un potentiel chancelier à la suite des élections législatives. Van der Bellen a d’ores et déjà fait savoir que, même en cas de victoire du FPÖ lors des législatives de 2018, il bloquerait la nomination d’un chancelier issu du FPÖ. Au-delà du symbole, l’élection présidentielle ne sera donc pas sans enjeux.

En Hongrie, le même jour, un référendum d’initiative gouvernementale aura lieu. Les citoyens hongrois seront invités à répondre à la question : « Approuvez-vous que l’Union européenne puisse ordonner l’installation en Hongrie, à titre obligatoire, de ressortissants non hongrois sans l’accord de l’Assemblée nationale ? »

Contrarié par le vote du Brexit (Viktor Orbán a soutenu le Remain et David Cameron, car il voyait dans le Premier ministre britannique un allié de poids au sein de l’Union européenne face aux volontés hégémoniques et centralisatrices de l’Union européenne), Orbán poursuit son bras de fer avec Bruxelles sur la politique migratoire.

Il est inutile de préciser qu’avec un tel intitulé, le NON l’emportera. L’enjeu, pour le gouvernement, sera que la participation soit suffisante pour que le référendum soit valide. C’est précisément pour cela que la gauche hongroise appelle au boycott du référendum.

Quant aux nationalistes du Jobbik, ils appellent à soutenir le référendum et à voter NON à Bruxelles, tout en émettant des réserves sur la méthode utilisée et ses finalités politiciennes. Ils préconisaient, notamment, l’inscription de cette disposition dans la Constitution.

Toutefois, Orbán – qui dispose d’une large majorité au Parlement, et dont la popularité repose ces derniers temps sur sa capacité à gérer la crise migratoire – cherche avant tout à se prévaloir du soutien massif de ses citoyens pour l’opposer à Angela Merkel et à Bruxelles. Et ainsi affirmer, aussi bien en politique interne qu’en politique extérieure, son credo de la volonté des peuples souverains face aux élites.

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...la finalité est bien évidemment politique et a pour but d'opposer une critique libérale…