Editoriaux - Politique - Table - 2 mai 2013

1er mai : Marine Le Pen rafle la mise…

On est certes accoutumé aux ruptures et aux guerres syndicales, mais l’opposition géographique est généralement circonscrite à la capitale. Il y a ceux qui défilent de la République à la Bastille, ceux qui vont de la Nation à Denfert-Rochereau, et toujours le Front national qui prend d’assaut la rue de Rivoli et l’avenue de l’Opéra après son traditionnel dépôt de gerbe à la statue de Jeanne d’Arc.

Cette année, première du retour de la gauche et du règne hollandais, on a mis de la distance. Sur une ligne sud-ouest nord-est, les syndicats ont investi la province avec leurs leaders tout neufs, ce qui a permis à Marine Le Pen d’affirmer : « Nous sommes le centre de gravité du débat politique français. » Assertion géographiquement incontestable et idéologiquement vérifiable.

Les commentateurs font grise mine. Le gouvernement aussi. Hollande a eu beau affirmer hier, dans sa tournée en banlieue, que la courbe du chômage serait inversée à la fin de cette année, personne n’y croit. Surtout pas les chômeurs. Des chômeurs absents de ces grandes fêtes du syndicalisme pour la simple raison que les syndicats, déjà fort peu représentatifs des gens qui ont un emploi, ne le sont absolument pas de ceux qui n’en ont pas : le syndicalisme organise ceux qui ont un travail, pas ceux qui en cherchent. Par définition, les organisations syndicales ne représentent pas les chômeurs.

Les chômeurs ne sont pas dans la revendication, ceux qui ont un boulot font le dos rond, et l’inquiétude qui ne s’exprime pas sur le plan social et syndical va s’exprimer sur le plan politique, disent les analystes. De fait, on voit bien que les conflits sociaux n’ont pas l’ampleur à laquelle on pourrait s’attendre. S’impose donc cette évidence : c’est Marine Le Pen qui rafle la mise. Une évidence tranquille en ce 1er mai où l’affluence des jeunes derrière la banderole « Nous sommes le réveil français » en a stupéfié plus d’un.

Confidence d’un spectateur : « Quelque chose était différent des autres années. L’ambiance n’était pas lourde. On ne sentait pas d’animosité, pas de pression. Seuls quelques petits Roumains qui faisaient les sacs à main ont été ramassés. Comme si c’était un parti normal, quoi ! » À croire que Marine Le Pen a réussi son pari.

Commentaires fermés sur 1er mai : Marine Le Pen rafle la mise…

À lire aussi

La hargne des sans-viande est sans limites : la Ligue contre le cancer doit refuser un don des chasseurs

Les anciens disaient « bête à bouffer du foin »… …