17 novembre : les rats des champs iront-ils manifester ?

Il ne se passera pas grand-chose, le 17 novembre. Quelques rassemblements pathétiques ici ou là qui seront largement médiatisés, et puis tout retournera à la normale. Il ne se passera pas grand-chose, le 17 novembre, tout simplement parce que nous, le petit peuple de province loin des villes, nous n’avons pas le choix. Pas d’autre choix que celui de prendre notre bagnole pour aller bosser ou aller faire nos courses, quand bien même le gazole ou l’essence coûteraient 2, 3, 4 euros. Et cela, « ils » le savent tous, tous ces « gens » d’en haut.

Le prétexte soi-disant « écologique » à ces faramineuses augmentations est grotesque : le transport privé, c’est « peanuts » par rapport au transport de marchandises ou à la pollution industrielle ou urbaine, et aucune alternative ne nous est proposée. On nous fait miroiter les merveilles des bagnoles électriques. C’est sûrement très bien, les voitures électriques, mais c’est horriblement cher et leur autonomie actuelle est tellement dérisoire que cela ne peut correspondre qu’à de courts trajets urbains. Autant prendre, alors, un vélo, une trottinette ou l’un quelconque de ces étranges engins qui pullulent dans Paris et les « grandes métropoles », mais qui sont une totale foutaise pour la « France profonde ».

Ce soir, je rentre d’une journée de travail « ordinaire » : départ de nuit, 110 km de route parmi les « gens comme moi qui vont bosser », 110 km retour avec les mêmes que le matin, mais en plus dangereux parce qu’on est tous crevés, et retour à la maison à la nuit tombée.

À entendre nos « politiques » et commentateurs divers et variés, on a l’impression que cela enchante toutes et tous de se déplacer en voiture, de risquer sa vie, de se ruiner, de se fatiguer, de se stresser sur les routes !

Quand j’étais enfant, dans ma bonne petite ville natale, il y avait une gare routière où on pouvait « prendre le car » pour aller n’importe où. Un professeur de mon lycée pouvait même rentrer déjeuner chez lui alors qu’il habitait à 15 km du lycée. Le jeu consistait à essayer que Crocro – son affectueux surnom – rate son car quand le cours finissait à midi, mais je m’égare…

Et il y avait aussi la gare SNCF et des trains pour partout, des michelines. Aujourd’hui, plus rien dans ma bonne petite ville natale. Et plus rien, non plus, là où j’habite, non loin, pourtant, de « grandes villes » et de la capitale.

Au surplus, l’habitat se disperse de plus en plus et les villages « périphériques » voient les zones pavillonnaires pousser comme des champignons, avec de jeunes couples qui « font construire », travaillent le plus souvent tous les deux et ont donc besoin de deux voitures au moins ! 39 millions de voitures particulières en France pour 67 millions d’habitants et 29 millions de ménages ! Les bureaucrates de Bercy ne peuvent passer à côté d’une telle galette ! On peut y puiser à l’envi, quitte à rendre des miettes par la suite pour laisser le malade en survie. C’est ce que Macron est en train de faire : en bon banquier, il commence par « ramasser toute l’oseille », quitte à en rendre au compte-gouttes après !

La raréfaction des services publics en tous genres, sans parler des commerces, des centres de soins, etc., fait qu’il est de plus en plus indispensable de se déplacer. Et comment se déplacer autrement qu’en voiture quand il n’y a aucune autre possibilité ?

La seule solution, c’est de vider les campagnes et de concentrer tout le monde dans de grandes métropoles… Mais les « rats des champs » accepteront-ils de muter en « rats des villes » ? Rien n’est moins sûr.

J’irais volontiers manifester le 17 novembre prochain, ce serait une grande première. Mais aller où et quoi faire ? Je vais rester chez moi, le 17 novembre, à moins qu’une urgence ou un oubli ne m’obligent à sortir.

Et à prendre ma voiture…

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