Armées - Editoriaux - Histoire - International - 5 juillet 2018

14 Juillet, eh bien non, ゲストオブオナーオブジャパン ! (Invité d’honneur, le Japon !)

Mes pronostics précédents, totalement erronés, montrent à quel point je suis loin de la pensée prospective et mondialiste du Président.

C’est donc, aux dernières nouvelles qui sont probablement les premières pour nombre de lecteurs, le lointain pays qu’est le Japon l’invité d’honneur pour le défilé du 14 Juillet prochain.

Avant de tenter d’analyser le dessein profond et visionnaire de Macron, je me crédite d’un petit point avec l’hypothèse que je formulais, parmi d’autres, d’un grand pays « ami », si je dois cependant confesser humblement que je n’avais pas étendu ma prospection aux confins de l’Asie…

Selon les informations gouvernementales, la France – c’est-à-dire son chef – veut honorer 160 ans de relations diplomatiques avec le pays du Soleil-Levant. C’est donc son Premier ministre, Shinzō Abe (安倍 晋三), qui assistera au grand défilé, aux côtés du Président. Souhaitons qu’il soit aussi impressionné que Trump, l’an passé, même si les gigantesques et impeccables parades militaires sont, en Asie, laissées à la Chine et surtout à la Corée du Nord, experte en la matière. Car je rappelle, en outre, que l’agressivité expansionniste nippone antérieure aux événements de la Seconde Guerre mondiale s’est muée en « autodéfense », terme officiel qualifiant désormais l’appareil militaire, cependant très structuré de cette nation, mais qui lui impose une certaine retenue…

Nous apprenons – j’ose le pluriel – que plusieurs exercices conjoints ont déjà eu lieu en mer de Chine, aussi bien que dans le Pacifique. Très récemment, début mai 2018, des avions japonais de patrouille maritime sont venus sur la base aéronautique navale de Lann Bihoué pour participer à des échanges et procéder à une amélioration de l’interopérabilité. Ce qui veut dire, clairement, se comprendre lors d’opérations communes et ne pas se méprendre en cas d’interventions sur des zones proches ou interférentes.

La France est, effectivement, présente dans la région Asie-Pacifique, avec ses lointains territoires et possessions d’outre-mer. Collaborer avec les pays voisins – et vrais amis – tombe donc sous le bon sens. J’observe que les vastes zones maritimes qui cernent nos petits bouts de terres tricolores exigent surtout des moyens navals et c’est sans doute pourquoi seuls les moyens de la Marine nationale semblent impliqués dans cette collaboration bilatérale.

Retour sur le petit mais grandiose axe des Champs-Élysées : un modeste détachement de six soldats japonais sous leur emblème national participera au défilé, ce qui confirmera la discrétion de principe et fera taire d’éventuels protestataires férus d’Histoire.

Quant à la Marine, toujours brimée et privée de la gloire du jour et des applaudissements populaires, car ne pouvant à l’évidence faire défiler ses bâtiments aux noms célèbres, à défaut de quelques aéronefs confondus dans la fugacité des survols avec ceux des aviateurs, elle procède par ailleurs avec talent et diplomatie grâce à ses sous-marins en patrouille permanente.

Ainsi, on apprend la récente visite, à Toulon, de l’amiral Murakawa (村川), chef d’état-major de la Force maritime d’autodéfense (海上自衛隊) reçu par l’amiral Prazuck, son équivalent français. Sans doute celui-ci a-t-il eu à cœur de lui montrer le Charles-de-Gaulle, le « fleuron » de la flotte, réduit pour quelques mois à l’immobilité pour un grand « lifting ».

Et si, à l’issue de cette incontournable contrainte, sa première campagne le menait au Japon, à Yokosuka (横須賀市), pour sceller cette nouvelle alliance ?

Belle occasion de rappeler le rôle important de Louis-Émile Bertin, ingénieur du génie maritime français qui fut fortement impliqué dans la réorganisation de l’arsenal local à la fin du XIXe siècle, tout en faisant un pied de nez cordial aux porte-avions américains, familiers des lieux depuis des lustres.

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