Editoriaux - Histoire - 15 novembre 2018

11 novembre et 13 novembre : même combat !

Les commémorations viennent de s’achever, de la Grande Guerre et des attentats du Bataclan. Pour le vulgum pecus, il s’agit de deux événements sans rapport, que sépare presque un siècle.

Une fine observation permet de penser qu’elles ont un point commun. Les commémorations n’ont pas forcément toujours évoqué le vrai sujet : pour la Grande Guerre, la victoire, et pour les attentats du Bataclan, la défaite.

Dans notre contexte actuel de bien-pensance sirupeuse et de consensus mou, personne n’ose rappeler qu’en 1914 et jusqu’en 1918, comme vingt ans avant et vingt ans après, on ne pensait qu’à péter du schleu, casser du boche, bouziller du fritz et flinguer du fridolin. Eh oui, l’Allemand sous toutes ses formes, de bavaroise à prussienne, a passé environ deux siècles à vouloir nous mettre à sa botte et – sous des dehors plus policés – ce n’est sans doute pas fini…

Le 11 novembre, c’est avant tout, n’en déplaise à Angela, le jour de la victoire contre l’ennemi que l’on a d’ailleurs hésité à poursuivre jusqu’en Poméranie.

Le 13 novembre, c’est notre défaite. Défaite de civilisation, de laisser-aller, de soumission, et l’affirmation de notre décadence. Pour se défendre, aujourd’hui, on met une photo sur son profil Facebook, une bougie à sa fenêtre, un gilet jaune sur sa planche de bord, on signe des pétitions sur Change.org, mais attention, rien de plus, on pourrait risquer que quelque Benalla de service ne vienne nous secouer…

Dans les deux cas, les commémorations ont été surtout l’occasion de nous faire célébrer des grand-messes à la paix, l’harmonie, la concorde… En oubliant que notre jeunesse se faisait faucher hier par des mitrailleuses, aujourd’hui par des kalachnikov, et que les bons sentiments ne sont pas renforcés en Kevlar® !

Notre président de la République joue parfaitement son rôle de chairman de la start-up nation : entièrement tourné vers les attentes de l’actionnaire (l’Europe des oligarques), écrasant vis-à-vis de son personnel, de ses clients et du comité des anciens, manipulant le « en même temps » avec une dextérité talleyrandienne…

Le VRP de l’Europe pangermanique, chantre de la gouvernance mondiale, a besoin de gommer l’Histoire pour nous projeter dans le futur qui lui convient. La polémique sur le maréchal Pétain est venue fort à propos rajouter de l’huile au moulin bien rodé qui consiste à nous faire croire que les nationalismes, c’est la guerre. Incidemment, il a été rajouté quelques bévues diplomatiques préméditées vis-à-vis des États-Unis et de la Serbie, histoire de marquer le coup.

Le monde auquel appartiennent nos élites – que nous avons la mauvaise idée de propulser aux manettes à chaque élection avec une régularité de métronome – leur est inconnu ; comment promouvoir la paix universelle alors que l’être humain regarde déjà son voisin de palier de travers ?

La France a gagné la guerre et obtenu la paix car elle savait (elle était obligée) qui était son ennemi. Aujourd’hui, notre ennemi n’est pas nommé, c’est donc la défaite assurée…

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